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5 choses à retenir de la première partie de saison en Angleterre (1/2)

Par , 14/01/2021 21:53 mai 13th, 2021 No Comments
Les Red Devils sont championnes d’automne – ©ManUtd
Après les onze premières journées de la Women’s Super League, voici l’heure du bilan de ce premier acte. 

Manchester United : le diable s’habille en leader

Qui aurait cru qu’après la moitié du championnat, Manchester United siègerait en tête du championnat anglais ? 10 matchs, 8 victoires et 2 matchs nuls dont un superbement arraché dans le derby contre City plus tard, l’équipe de Casey Stoney est la révélation de cette première partie de saison. 27 buts inscrits, 9 encaissés et une faculté à faire la différence au retour des vestiaires font de cette équipe un solide leader. Chelsea n’est certes pas bien loin avec un match en moins, mais les Red Devils, emmenées par des attaquantes en feu, semblent bien parties pour continuer sur la même voie. Tobin Heath, Leah Galton, Kirsty Hanson, Ella Ann Toone et Alessia Russo sont les principales forces offensives du collectif mancunien et sont à l’origine de 19 buts et 9 passes décisives depuis le début de saison.

Primordiale dans leur réussite cette saison, l’abnégation des mancuniennes est à souligner. Elles n’ont jusqu’ici perdu aucune rencontre en championnat et ont déjà réalisé quatre clean sheets. Avec un inamovible 4-2-3-1, où les légères modifications du onze de départ ne semblent pas avoir d’impact sur l’efficacité de l’équipe, Manchester United est une machine parfaitement huilée cette saison. Le duel du 17 janvier, face à Chelsea, devrait fournir quelques éclairages sur la crédibilité de l’équipe de Casey Stoney pour décrocher le graal. Sauf improbable écroulement, on risque de voir s’affirmer les ambitions mancuniennes un peu plus lors de chaque nouvelle journée.

Chez les gros, un mini-break est déjà fait

Voir Manchester United trôner avec un tel bilan comptable en tête du classement pourrait laisser croire que les Red Devils font cavalier seul en tête de la WSL. Au contraire, rien n’est encore fait. Seulement trois points derrière et avec un match en moins, Chelsea est dans le rétroviseur et n’a pas dit son dernier mot. Les championnes en titre s’appuient sur une défense de fer qui n’a encaissé que cinq buts cette saison. Devant, Sam Kerr et Fran Kirby affolent les compteurs avec 7 réalisations chacune. Toujours invaincues, les Londoniennes font office de candidates les plus sérieuses, avec Manchester United, pour s’adjuger le titre. La confrontation du 17 janvier entre les deux équipes pourrait déjà être décisive. 

Sam Kerr s’est enfin imposée chez les Blues – ©ChelseaFCW

Car du côté d’Arsenal et de Manchester City, tout n’est pas aussi rose. Les deux formations possèdent déjà plus de trois points de retard sur le leader. Pour les Gunners, le mal est récurrent, l’équipe échouant lors des chocs face aux grosses cylindrées. En revanche, Arsenal ne cale pas et affiche 100% de victoires face aux autres équipes. Vivianne Miedema continue d’enfiler les buts comme des perles et creuse l’écart au classement des buteuses avec déjà 11 réalisations. Soutenue par Foord et Little, l’attaque des canonnières est d’ailleurs la meilleure du championnat et de loin. Mais si Arsenal veut récupérer sa couronne, son salut passera par sa capacité à se sublimer lors des confrontations directes pour le titre.

A Manchester City, le trône de leader ne semble déjà plus d’actualité. Avec au mieux cinq points de retard sur United, en cas de victoire face à West Ham, les Citizens semblent avoir raté le coche. Les nuls concédés en début de saison face à Brighton et Reading pourraient coûter cher et celui face à Manchester United, après avoir mené 2-0 à la mi-temps, laissera forcément des regrets. Depuis ce fameux match, City s’est cependant bien repris, et a enchaîné les victoires. Charge à l’équipe de Gareth Taylor de réussir un sans faute et espérer des faux pas de leur concurrentes. 

Bristol City : le wagon qui n’a pas pris le train 

Si ce premier round a démontré que la Women’s Super League était un championnat pour le moins imprévisible – Manchester City a par exemple été tenu en échec à deux reprises, une fois par Brighton (9e), l’autre par Reading (6e) – Bristol semble pourtant esseulé en bas de classement. À l’inverse d’Aston Villa ou de Tottenham, la lanterne rouge n’est jamais parvenue à remporter le moindre match. Avec deux points au compteur en dix rencontres, les Robins n’ont jamais fait mieux que deux nuls face aux Spurs (2-2) et à Reading (1-1). 

Pire attaque du championnat, l’équipe de Tania Oxtoby connaît surtout de grosses difficultés en défense. La gardienne Sophie Baggaley a encaissé 45 pions, soit le double de la deuxième plus mauvaise défense. Bristol City est, en particulier, l’équipe a avoir pris les plus grosses valises : face à Chelsea (9-0), mais aussi Manchester City (8-1). 

Actuellement à quatre points du promu, qui compte cependant deux matchs de retard, le sort de la lanterne rouge n’est pas encore scellé. L’année dernière, les Robins avaient également connu une saison chaotique mais s’étaient malgré tout maintenues avec neuf points en 17 journées. Pour rééditer ce qui ressemble à un petit exploit, Bristol City doit maintenant réagir, et vite.

Birmingham : un effectif à remplumer d’urgence pour pallier aux blessures

Ce qui devait arriver arriva. Lors de la 11e journée, Birmingham a été contraint de reporter son match face à Tottenham. La coach, Carla Ward, a ainsi indiqué qu’elle ne disposait à ce moment-là que de dix à douze joueuses disponibles.

Déjà à son arrivée à l’été 2020, l’entraîneure des Blues a dû monter sur pied une équipe, après l’exode de plusieurs cadres durant le mercato estival. En à peine un mois, cette ancienne footballeuse a réussi à redonner vie au club en recrutant sept joueuses. Birmingham a malheureusement vite connu une avalanche de blessures, provoquant de gros maux de tête à Carla Ward pour aligner une équipe compétitive sur le terrain. En s’appuyant sur les jeunes de son équipe réserve, la manager a réussi à jongler tant bien que mal, même si parfois, comme face à Aston Villa le 14 novembre dernier, les Blues n’étaient que treize sur la feuille de match. 

C’est finalement un petit miracle si Birmingham est aujourd’hui septième au classement après cette première partie de saison. Si Veatriki Sarri, prometteuse attaquante grecque, est arrivée en janvier, d’autres renforts sont cependant essentiels si l’équipe souhaite se maintenir, le club ayant déjà évité de peu la relégation la saison passée. 

Des soupçons de favoritisme guettent les grosses écuries

Le 7 novembre dernier, Manchester City a pulvérisé Bristol City (8-1), soit quelques heures à peine après que la fédération ait refusé de reporter la rencontre, malgré l’absence de cinq joueuses de l’effectif des Robins, placées à l’isolement dans le cadre du protocole sanitaire anti-Covid. Tanya Oxtoby avait donc dû aligner une équipe remaniée en faisant appel aux jeunes de l’équipe réserve, le tout après avoir été contrainte d’annuler une séance d’entraînement au cours de la semaine précédant le match.

Trois mois plus tard, alors que l’Angleterre est frappée de plein fouet par une nouvelle vague de l’épidémie, Arsenal et Manchester City ont reçu après la trêve une réponse favorable de la fédération, afin de reporter leurs rencontres face à Aston Villa et West Ham. Le Telegraph a en effet révélé que trois joueuses des Gunners et quatre des Citizens ont passé les fêtes de fin d’année à Dubaï, et que cinq d’entre elles (1 à Arsenal, 4 à City) ont contracté le coronavirus à ce moment-là. Les deux grosses écuries ne sont cependant pas les seules à avoir pu reporter leur match lors de cette 11e journée, Everton et Brighton étant alors également touchés et incapables d’aligner quatorze joueuses, le seuil imposé par la fédération pour demander un report. 

Ce traitement ambivalent a provoqué l’indignation outre-Manche. Emma Mitchell a ainsi suggéré que la fédération réservait un traitement de faveur à destination de certaines équipes, les plus grosses notamment. « On vous voit Barclay’s WSL, différentes règles pour différentes équipes », a tweeté la latérale gauche de Reading. De son côté, la coach de Bristol demande plus de transparence. « Il y a certaines choses qu’ils ne peuvent pas divulguer, ce que je comprends à 100% mais pour nous, il s’agit de comprendre le processus de prise de décision car cela enlèverait le sentiment d’injustice que nous ressentons», a déclaré Tanya Oxtoby au média britannique.

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