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FA WSL 2020-2021 : de l’attente, du talent et du spectacle garanti

Par 04/09/2020 08:30 No Comments
Bethany England
La milieu de terrain offensive des Blues Bethany England a été élue joueuse de la saison 2019-2020 –  ©FA WSL 
L’arrêt prématuré de la saison 2019-2020 a fait des heureux… et des malheureux. Après le sacre de Chelsea, la course à la Ligue des Champions cette saison sera des plus indécises. Présentation de ce nouvel exercice de FA WSL.

Interrompue le 15 mars par la pandémie du Covid-19, la Women’s Super League (WSL) a été définitivement arrêtée le 25 mai sans jamais avoir repris. Ce sont les joueuses de Chelsea qui ont été sacrées championnes, devançant Manchester City sur la base des points par match (« points per game » ou PPG) retenue pour déterminer le classement final. La formation londonienne, deuxième mais comptant une journée de retard par rapport au Sky Blues au moment de l’interruption, s’est ainsi vu attribuer un second championnat en trois ans.

Pour Arsenal, en revanche, la saison 2019-2020 sera à oublier. Les Gunners, éliminées par le PSG en quarts de finale de Ligue des Champions, ne pourront pas disputer la C1 avant l’automne 2021. Le plus grand palmarès d’Angleterre –58 trophées remportés depuis sa création– n’a terminé que troisième de WSL. Après avoir perdu sa finale de Continental Cup contre Chelsea le 29 février dernier, ce n’est que la deuxième fois depuis 2003 qu’Arsenal conclut un exercice bredouille. Au pied du tableau, Liverpool est relégué. La formation, vainqueure des éditions 2013 et 2014 de la ligue, est l’équipe la plus titrée à descendre en Women’s Championship. Les Reds seront remplacées par Aston Villa, promu pour la première fois de leur histoire.

Du Big Three au Big Four

C’est Arsenal qui donnera le coup d’envoi de la saison 2020-2021, à l’occasion d’un match à domicile contre Reading le dimanche 6 septembre. Privées d’Europe, les Gunners miseront tout sur le championnat et les coupes domestiques. Elles pourront à nouveau compter sur Vivianne Miedema qui a terminé Golden Boot du championnat précédent, avec 16 buts et 8 passes décisives à son actif en seulement 12 matchs. Des statistiques complètement dingues mais qui traduisent un excès de dépendance vis-à-vis de l’attaquante néerlandaise. D’autant plus que 6 de ces réalisations et 4 de ces passes sont survenues lors d’une rencontre folle remportée 11-1 contre Bristol City le 12 décembre dernier. Joe Montemurro et son staff seront sommés de trouver davantage d’équilibre dans leur jeu afin d’éviter une “Miedema dépendance”. L’équipe d’Islington a notamment concédé plus de buts que ses adversaires directs (Chelsea et Manchester City). Le recrutement du duo défensif Steph Catley et Noëlle Maritz en sus de la jeune milieu de terrain Malin Gut devrait résoudre ce problème.

logo chelsea

Les Blues de Chelsea, quant à elles, entameront la défense de leur titre à l’extérieur contre Manchester United à l’occasion du premier « Match of the day » de la nouvelle saison. Elles s’appuieront à nouveau sur leur milieu de terrain Bethany England, qui a fini deuxième meilleure buteuse de la saison 2019-2020 avec 14 pions en 15 matchs. Cette dernière bénéficiera aussi du renfort de l’internationale canadienne Jessie Fleming, arrivée depuis UCLA cet été, ainsi que de l’expérience de Ji So-Yun, qui comptabilise près de 150 matchs avec les Blues depuis 2014. La Sud-Coréenne est l’une des symboles de la formation du club : elle a fortement contribué à sa montée en puissance au cours des cinq dernières années. Enfin, cerise sur le gâteau, les Blues viennent de signer l’attaquante danoise Pernille Harder, finaliste de C1 avec Wolfsburg. Si elle reste sur la même forme qu’elle a pu avoir en Allemagne (103 buts en 113 matches), Chelsea aura toutes ses chances de conserver le titre.  

logo manchester city

Les Sky Blues de Manchester City viseront cette année leur premier championnat depuis 2016. Néanmoins, l’attaquante Pauline Bremer ayant décidé de quitter le Nord de l’Angleterre pour Wolfsburg, les Citizens devront s’accommoder pour la deuxième année consécutive du départ pendant l’intersaison de leur meilleure buteuse de l’exercice précédent. L’arrivée du duo de milieux de terrain des Stars and Stripes Samantha Mewis – Rose Lavelle pourrait en partie le compenser. Il faudra observer de près les possibles lacunes offensives si Janine Beckie ou Ellen White ne soignent pas leurs statistiques. 

logo Manchester united

Manchester United tentera, à l’occasion de sa deuxième année au sein de l’élite du football britannique, de déranger les trois gros morceaux du championnat. Si elles y parviennent, ce serait la première fois depuis 2014 que le trio Arsenal-City-Chelsea n’aurait pas la mainmise sur le podium de la FA WSL. Les Red Devils ont connu une saison 2019-2020 aboutie, avec une quatrième place au classement. Toutefois, 13 points les séparaient d’Arsenal et elles n’ont marqué que 24 buts (contre une moyenne de 42 pour les trois premiers). Un gouffre d’expérience et de talent semble les séparer du trio dominant. Pour pallier à ces difficultés offensives, le club mancunien attendrait les deux stars américaines Christen Press et Tobin Heath.

Si ces rumeurs venaient à se confirmer, elles ne seraient pas disponibles immédiatement, notamment avec la quatorzaine imposée en arrivant en Angleterre. Leur prestation lors de la réception de Chelsea le jour de la reprise pourrait être révélatrice de leur capacité à s’imposer dans la cour des grandes –et de se qualifier en Ligue des Champions. Enfin, à l’instar des Red Devils, Tottenham Hotspur et Everton se verraient bien défier le Big Three. Le club londonien a lui aussi connu une bonne première saison en WSL. Cependant, ne disposant pas des mêmes moyens financiers que ses concurrentes, atteindre une quatrième ou cinquième place devrait satisfaire les joueuses du binôme Karen Hills et Juan Amoros. De son côté, le club de Liverpool a profité de l’été pour afficher des ambitions grandissantes. La buteuse de l’Équipe de France Valérie Gauvin (24 ans) et le grand espoir espagnol Damaris Egurrola (21 ans) ont notamment rejoint les Toffees. 

Un peloton serré ; Bristol City et Birmingham City menacées

Bien que dernières et ne comptant aucune victoire à leur actif à la mi-saison, les joueuses de Bristol City ont amélioré leurs performances et ont fini par se maintenir en WSL, terminant la saison 2019-2020 à la 10e place du classement. Flirtant régulièrement avec la relégation, le club a recruté six nouvelles joueuses lors du mercato estival dans l’objectif d’assurer une fois de plus son maintien au sein de l’élite. 

De son côté, Birmingham City a évité de justesse la descente en Women’s Championship la saison passée, finissant un point seulement au-dessus de Liverpool, lanterne rouge du tableau. Le club des West Midlands a connu de sérieux problèmes financiers qui ont pesé lourd sur l’équipe et, après cinq mois passés sans entraîneur, c’est Carla Ward qui a été recrutée pour assumer ce rôle en août. À la peine pour compter 18 joueuses professionnelles, l’année 2020-2021 risque d’être particulièrement éprouvante. Plutôt habitué à évoluer aux portes du Big Three, Birmingham City pourrait bien, en dépit de la signature des internationales écossaises Christie Murray et Rachel Corsie, jouer sa dernière saison en WSL.

Contrairement à sa voisine et rivale à Birmingham, Aston Villa semble surfer sur une vague d’optimisme. Les Clarets viennent de désigner l’ex-internationale anglaise Eniola Anuko (32 ans, 102 sélections) comme entraîneure. En conservant 13 des joueuses qui ont participé à leur campagne victorieuse pour la montée, le club a fait le choix de la stabilité. Aston Villa pourrait s’incruster en milieu de tableau, aux côtés d’équipes plus établies et expérimentées telles que Brighton & Hove Albion, West Ham voir Everton ou Reading.