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ARG – SCO | 19 JUIN | 21H00

Par 19/06/2019 23:00 mai 6th, 2020 No Comments

Avant-match

Argentine – Écosse : la troisième place en jeu

Ce mercredi 19 juin, l’affrontement entre l’Écosse et l’Argentine définira qui prendra la troisième place du groupe D. En cas de scénario surprise, le Japon risquerait lui aussi de se retrouver en troisième position.

Encore de l’espoir

Alors que l’Angleterre a déjà sa place assurée pour les huitièmes de finale, le sort des trois autres équipes du groupe n’est pas encore scellé et dépendra en grande partie de cette dernière journée de matchs. L’Écosse et l’Argentine joueront leur place parmi les trois meilleures équipes du groupe. La qualification en huitièmes, pourtant, semble peu probable pour ces deux équipes. Au vue de ses deux précédentes défaites (2-1 contre l’Angleterre et 2-1 contre le Japon) et même en remportant sa première victoire, l’équipe de Shelly Kerr ne pourra certainement pas faire partie des quatre meilleurs troisièmes de groupe et gagner sa place en huitièmes. Les albicélestes, elles, avec potentiellement 4 points au classement peuvent se hisser sur la troisième marche du podium de son groupe à l’issue de ce duel. L’effectif de Carlos Borrello pourrait même espérer un futur plus brillant dans la compétition si sa victoire contre l’Écosse s’accompagne d’une défaite japonaise contre l’Angleterre et d’un nombre suffisant de buts pour au moins égaler la différence de buts du Japon – une telle configuration pouvant mener les Sud-Américaines en seconde place du groupe !

L’Argentine en quête du chemin des filets

Encore faut-il que les Argentines arrivent enfin à trouver le chemin du but. Bien qu’étonnantes face au Japon (0-0), et solides face à l’Angleterre (1-0) où elles ont été sauvées à maintes reprises par la gardienne, Vanina Correa; elles n’ont eu que peu d’occasions et ont manqué de réalisme en attaque. Parmi leurs plus grands défis, réussir à se frayer un chemin dans la moitié adverse du terrain : lors de leur précédent match, les passes approximatives avaient du mal à atteindre une Sole Jaimes ralentie et à bout de souffle tandis qu’Estefania Banini esseulée au milieu de terrain ne trouvait pas de solutions pour avancer. Qui plus est, elles devront jouer un troisième match d’affilée qui s’annonce tout aussi physique que les précédents.

Une Écosse qui n’a rien à perdre

En face, les Écossaises n’auront rien à perdre et tenteront malgré tout de remporter le match avec le plus de buts possible pour s’approcher autant que possible des premiers troisièmes des autres groupes. Ayant fait une performance plutôt complète contre ses adversaires précédentes et malgré les deux défaites consécutives, elles ont réussi à marquer à chaque rencontre. Ayant un jeu tout aussi physique que les albicélestes, elles seront donc un rival compliqué pour les troisièmes de groupes. N’ayant rien à perdre, elles joueront pour la troisième place et plus encore. C’est donc un match déterminant pour les deux équipes qui ne manquera pas d’être rempli de suspense du début à la fin.

Informations pratiques :

19 juin à 21h,  Parc des Princes (Paris)
Diffusion : Canal + Sport

Après-match

Une nouvelle remontada au Parc des Princes

Dans ce duel, les Ecossaises n’avaient rien à perdre, les Argentines avaient tout à gagner. Alors que ce match nul (3-3) disqualifie l’Ecosse, il s’avère insuffisant pour les albicelestes pour se qualifier en huitièmes de finale. Comme annoncé, ce fut un match déterminant pour la suite de la compétition et acharné entre deux nations plus que déterminées à se hisser en huitièmes.

Un vrai duel d’égale à égale

​Cette 32ème rencontre de la compétition était sans aucun doute l’une des plus violentes. Avec un total de 27 fautes et quatre cartons jaunes, ce match a été un véritable combat entre deux nations au sang chaud et à un niveau très équilibré. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : 11 tirs des deux côtés (6 cadrés pour les Ecossaises contre 5 du côté argentin), une  possession de balle à 51%-49%, 354 passes pour chacune des deux équipes… Les deux équipes ont surtout brillé par leur acharnement et leur détermination : on l’avait déjà vu dans leurs performances lors des matchs précédents, mais cette fois, le combat était une question de vie ou de mort.

La remontada est un en mot espagnol

Les contacts se sont faits plus récurrents et plus puissants dès le premier but écossais (Kim Little, 20’). Mais le jeu s’est davantage musclé après les deux suivants (Jennifer Beattie, 49’ et Erin Cuthbert, 69’). La violence n’était pas que physique. Alors que le match semblait perdu pour l’équipe de Carlos Borrello, les 50 minutes de frustration argentine ont laissé place à une souffrance écossaise : deux buts inscrits en moins de 5 minutes d’écart (Milagros Menéndez, 74’ et tir de Flor Bonsegundo mais csc de la gardienne Alexander, 79) ont remis en cause les efforts continus de l’Ecosse. Alors qu’elles continuaient leurs efforts, heurtées mentalement et épuisées physiquement, un pénalty sifflé à la 90e minute a achevé l’équipe de Shelley Kerr.

La VAR sans pitié

Un tacle sur l’Argentine Aldana Cometti dans la surface de réparation, bien que non sifflé par l’arbitre centrale, a finalement été signalé par la VAR et concédé par la femme en noir. Le moment ou jamais pour l’Argentine d’espérer égaliser. La 11 argentine s’apprête à tirer, sa gardienne n’ose pas regarder, les remplaçantes sont en pleur, les supporters déchaînés. Tir – arrêté par la gardienne Alexander ! Entre effondrement des uns et soulagement des autres, le match continue mais il ne se passe pas plus d’une minute que la VAR rappelle l’arbitre : comme lors du match France-Nigeria, le pénalty est annulé à cause d’un dépassement de la ligne de but par la gardienne. Tout est à refaire, et le second “péno” est le bon, terminant d’égaliser le score (94’).

Des changements stratégiques ?

Passées de 3-0 à 3-3 en un temps record (25 minutes), les Argentines doivent sans aucun doute une partie de leur remontada à la VAR, mais aussi aux deux premiers buts. Ceux-ci s’expliquent par une feinte peu remarquée du sélectionneur outre-atlantique : des changements stratégiques. Le premier (Banini remplacée par Menéndez, 60’) a probablement porté préjudice dans un premier temps, puisqu’il ôtait du terrain l’une des joueuses les plus solides de l’effectif, ce qui a été suivi du troisième but écossais. Pourtant, cinq minutes plus tard, la joueuse fraîchement montée sur le rectangle vert réduisait le score avec le premier but argentin ! Pleine d’énergie et au jeu très physique, elle a été un atout indéniable face à une sélection écossaise épuisée. Elle a également participé à porter le coup de grâce, déconcertant visiblement ses adversaires qui ne s’attendaient pas à cela. Le plus gros était alors fait, débloquant le compteur argentin pour la première fois depuis le début du Mondial et déstabilisant l’Ecosse. C’est ensuite par le remplacement de la lente et fatiguée Jaimes par la jeune et rapide Ippolito que l’Argentine a pris l’avantage physiquement, Ippolito aidant à marquer le second but.

Temps additionnel ?

Après un duel acharné, un suspense rétabli et les rebondissement jusqu’à la dernière minute, l’incompréhension a finalement marqué le point final de cette rencontre. Alors que la VAR a impliqué des arrêts dans le jeu de plusieurs longues minutes et ce à plusieurs reprises, le temps additionnel annoncé n’a été que de 4 minutes. Annoncées dans le stade à la 94ème minute et alors que les joueuses espéraient encore pouvoir s’imposer , le jeu s’est interrompu seulement deux à trois minutes après le pénalty, au milieu d’une action, à la 95ème minute. Une fin de match incomprise, terminant de manière étrange un duel fort en émotions.