#MetempsÀ la UneDéveloppement de la pratique

Ceux de l’ombre : Entretien avec Gaëtan Abjean et Elody Salaun, coordinateurs sportifs au Stade Brestois

Par 10/02/2021 10:00 No Comments
Gaëtan Abjean et Elody Salaun, les coordinateurs sportifs du stade Brestois 
Qu’est-ce qu’être coordinateur sportif ? Cette qualification à la fois simple et complexe, recouvre bien des fonctions. Gaëtan Abjean et Elody Salaun, coordinateurs sportifs de la section féminine du Stade Brestois 29, ont accepté d’évoquer leur rôle pour l’Équipière.

Assurer la cohérence du projet sportif

Être coordinateur sportif c’est tout d’abord être au cœur de l’action, comme nous l’explique Gaëtan Abjean. Diplômé de STAPS, il occupe le poste depuis désormais un an, après avoir été entraîneur adjoint de l’équipe fanion en D2. « J’ai un premier rôle qui est de coordonner l’équipe d’éducateurs. On organise des réunions mensuelles pour faire un point sur les joueuses, notamment pour les projections » débute-t-il. 

Une fonction qui implique donc d’épauler les éducateurs dans leurs missions. « J’accompagne les éducateurs sur le terrain. Les mercredis je suis à leurs côtés, j’essaye de leur donner quelques conseils, mon point de vue. Nos entraîneurs de l’école de football sont souvent des étudiants en STAPS, on essaye de les accompagner.» Un accompagnement qui va parfois au-delà des simples conseils sur l’organisation des séances.

« On donne notre avis sur l’école de foot. Est-ce qu’une joueuse doit continuer à se balader dans sa catégorie ou chercher la difficulté au niveau supérieur ? »

L’objectif final étant de structurer l’ensemble des sections et d’assurer la cohérence globale du projet sportif de l’école de foot au niveau professionnel, les coordinateurs observent avec attention les jeunes talents.

« On donne notre avis sur l’école de foot. Est-ce qu’une joueuse doit continuer à se balader dans sa catégorie ou chercher la difficulté au niveau supérieur ? On échange pas mal là-dessus. Et en tant qu’entraineur, je donne parfois des noms à Christophe Forest (ndlr, entraîneur de la D2). » explique celui qui est parallèlement entraîneur de la catégorie U18. 

Mettre tout le monde dans les meilleures dispositions

Et pour que les séances se déroulent de manière optimale, une organisation rigoureuse s’impose. « On fait des points sur la matériel, pour voir s’il manque des choses. Elody s’occupe aussi des réservations de terrains ». En somme, faire en sorte que tout soit à la disposition des techniciens au bon moment, et au bon endroit. 

Un aspect mis à rude épreuve en cette période de pandémie (ndlr, la D2 n’a pas joué en championnat depuis octobre dernier). « Notre chance a été que la D2 a continué à travailler. Ça nous a permis de basculer deux joueuses dans le groupe D2. Sur l’école de foot, on s’entraîne avant 18h. Pour les U15-U18, c’est plus compliqué. On essaye de s’entraîner le samedi ».

Mais il n’exerce pas seul ces fonctions importantes. Pour l’accompagner, il peut compter sur Elody Salaun, joueuse de l’équipe de D2 et également salariée du club. « On est à deux, on se relaie, on échange. On demande toujours à l’autre son point de vue » précise Gaëtan. 

Elody Salaun avec les jeunes de l’école de foot du SB29

Une logistique de taille

« C’est beaucoup de négociations, on a un budget à respecter »

Si, à l’instar de son confrère, Elody Salaun dispose d’un rôle principalement sportif, elle revêt également d’une casquette administrative et logistique. « Quand les équipes partent tôt le matin, il faut qu’elles puissent manger sur la route et donc réserver tout ce qui concerne la restauration, les transports , les hôtels » nous explique-t-elle.

Un rôle qui implique de composer avec un certain nombre d’aléas, notamment financiers (ndlr, Le Stade Brestois est le plus petit budget de Ligue 1 Uber Eats). « C’est beaucoup de négociations, on a un budget à respecter. On va parfois négocier un changement d’horaire pour ne pas avoir un repas en plus à l’hôtel. Parfois, au lieu de prendre un car, on prend trois navettes, qui nous coûteront trois fois moins cher.» Une position particulière pour la jeune femme qui, avec sa casquette de joueuse, reste toujours en charge de la logistique de l’équipe lorsque celle-ci évolue à l’extérieur. Un inconvénient qui ne semble pas entamer son intérêt pour le métier.

Ce métier, un poste de l’ombre mais néanmoins clé dans l’organisation des sections féminines. « Il faut faire preuve d’écoute, d’empathie et de disponibilité. Il ne faut pas calculer, il faut donner de son temps » conclut Gaëtan Abjean.