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Christine Aubere (Présidente GPSO 92 Issy) : « Le département nous a soutenus parce que le travail effectué depuis des années montre qu’on est un club sérieux »

Par 21/07/2020 17:00 février 22nd, 2021 No Comments
Christine Aubere
photo : ©Aliocha Boi.
À l’occasion du retour des Chouettes d’Issy en D1, la présidente du club a fait le point lors d’un entretien accordé à l’Équipière. Changement de nom (ndlr : le FF Issy est devenu le GPSO 92 Issy), modèle économique, le stade à domicile, la lutte pour le maintien, Christine Aubere n’a éludé aucun sujet.

« Madame Aubere pourquoi ce changement de nom pour le club? 

Aux vues des résultats qui se profilaient depuis décembre, l’idée était de renforcer nos plans d’action au sein du club. Au niveau du football féminin dans le département des Hauts-de-Seine, GPSO 92 Issy représente le plus haut niveau. On voulait que le département soit partenaire en les mettant au centre de notre plan de développement, donc on met 92, le numéro du département dans notre nom. GPSO (Grand Paris Seine Ouest) c’est l’autre partenaire majeur, on les a aussi intégrés au nom. Ça permettra aux gens de savoir ce qu’est GPSO. Aujourd’hui, c’est plusieurs communes qui soutiennent le sport élite féminin. 

Un nouveau partenariat et un autre qui s’accroît ? 

Oui, surtout celui avec le département, qui est vraiment nouveau. On a aussi envie de renforcer celui avec GPSO. On veut continuer d’avancer concrètement avec ces deux partenaires pour essayer de maintenir le club dans l’élite et de le développer. L’élite c’est la conséquence d’un projet global, il y a une vitrine qui est l’équipe A mais il y a tout le reste à construire. Grâce à la Cité des Sports qu’on va avoir d’ici un an et demi, on va aussi pouvoir se développer.

« C’est beaucoup plus simple pour nous d’aller chercher des partenaires en D1 qu’en D2 »

Ces deux partenaires vous permettront-ils de vous rapprocher des autres budgets de D1? 

Je ne regarde pas les budgets des autres clubs, mais je vois ce qu’ils font. On n’a pas un budget conséquent, mais l’aide du département nous aide beaucoup sur cette accession en D1. L’objectif est de rester en D1 cette année. Le département nous a soutenus parce que  le travail effectué depuis des années montre qu’on est un club sérieux, Il n’aide que les clubs qui sont dans l’élite. À nous de montrer qu’ils ont raison de nous soutenir.

C’est plus facile de trouver des sources de revenu en D1 qu’en D2?

La D1 permet d’avoir des retombées médiatiques, ce qui fait aussi que GPSO vienne se greffer sur ce nouveau nom. C’est beaucoup plus simple pour nous d’aller chercher des partenaires en D1 qu’en D2.

Ce nouveau centre sportif de la Cité des Sports fait partie de ce rapprochement avec le département ?

Non, c’est la ville d’Issy-les-Moulineaux. Notre stade Jean Bouin a été détruit pour faire une grande Cité des Sports qui est prévue pour accueillir Paris 2024. Le foot féminin sera résident de ce nouveau complexe. On va pouvoir prendre nos marques, aujourd’hui on est déshabillés, on n’a pas de stade pour évoluer au haut niveau.

Où allez-vous jouer vos matchs à domicile? 

On est en train de voir avec la ville de Boulogne pour le stade le Gallo, et sinon il y a le stade Marcel Bec dans lequel on jouait cette année. Ce n’est pas une situation simple mais on est habitués. On va surmonter ça et on fera en sorte d’être prêts pour la rentrée.

Ce sera un vrai stade avec tribunes?

Oui ce sera un énorme stade, un énorme complexe qui pourra accueillir l’élite. Il faut aussi répondre aux obligations fédérales, tout sera mis en place évidemment.

«  Il faut laisser le Président de la FFF faire les choses et moi j’ai confiance en la politique de Noël le Graët envers le monde amateur »

Sarah Boudaoud Issy
photo : @GPSO 92 Issy, la latérale droite des Chouettes Sarah Boudaoud à l’action

Qu’est ce qui a freiné la validation de la montée par la DNCG ?

Il fallait concrétiser notre partenariat avec les Hauts-de-Seine. C’est vrai qu’avec le Covid et avec le décès de Monsieur Devedjian (ndlr : président du conseil départemental des hauts de Seine), ce n’était pas simple. Il fallait finaliser, prendre le temps. La fédération nous a permis de nous accorder ce temps-là. Ça a été de la bienveillance, plutôt que de la sanction. Il fallait juste concrétiser par écrit ce qui avait été dit oralement. 

Vous avez d’ailleurs été très silencieuse sur les discussions autour de l’aide financière de la LFP et de l’éventuelle compensation par la FFF.  Concrètement de quelles aides va bénéficier Issy pour la saison à venir?

C’est un débat encore en cours, il faut laisser le Président de la FFF faire les choses et moi j’ai confiance en la politique de Noël le Graët envers le monde amateur. On a travaillé en collaboration avec les clubs amateurs de D1 et de D2, il faut faire confiance. Je reste persuadée que l’aide qui sera accordée permettra aux clubs amateurs de continuer de se développer. Cette division, qui a été annoncée dans certains médias, ne s’opérera pas de cette façon pour l’avenir. 

Vous avez le sentiment de pouvoir lutter avec les clubs professionnels ? 

On n’a pas la même structure, donc on ne peut pas se battre contre des équipes comme l’OL ou le PSG. L’idée ça va être de déranger, mais un match c’est sur le terrain que ça se joue. Après, les moyens financiers qui sont mis dans le professionnalisme permettent d’avoir un plus. Si on est là aujourd’hui c’est pour y rester. On veut se battre pour que le GPSO 92 Issy dérange un peu les autres.

Sportivement, Issy sort d’une magnifique saison, quelle a été la clé de la montée? 

La clé ça a été un travail avec le staff technique, avec la direction, les membres du club pour faire un recrutement intelligent et concret. Il y a eu un gros travail du staff et nous on a permis de mettre en place ce qu’il fallait structurellement et financièrement pour que certaines joueuses rejoignent les chouettes d’Issy. C’est cette performance d’équipe, sportive et humaine qui a fait qu’on a très bien commencé et qu’on est restés là on où on souhaitait aller, c’est à dire en haut de tableau. Il y a eu la montée au bout, ce n’était pas l’objectif premier mais c’est la magie du sport (rires) !

Il faudra aussi la magie du sport pour se maintenir. Quelle sera la recette du maintien?

Il faudra de la rigueur, de la régularité, de la combativité, de la compétitivité mais aussi du plaisir dans cette aventure humaine et sportive. Autour de ça, il faut renforcer ce qu’on connaît de la D2, on passe un cap avec des entraînements quotidiens en journée et le soir. Et puis pour les matchs, il n’y aura pas le droit à l’erreur. On a confiance en le staff, je sais qu’ils font le travail qu’il faut. On sera tous derrière les Chouettes !

GPSO 92 ISSY.
photo : @GPSO 92 ISSY.

«  On veut faire en sorte de rester en D1, c’est notre priorité pour pouvoir proposer quelque chose de stable et de concret pour les jeunes  »

Quelle a été la stratégie de recrutement cet été? 

On a voulu conserver l’équipe qu’on avait avec plusieurs éléments qui ont déjà connu la D1. On l’a aussi renforcée par zone, en concertation avec le staff et le directeur technique. On ne veut pas tout changer, mais ramener un peu d’expérience comme avec le recrutement de Julie Rabanne et aussi de la jeunesse pour donner de l’élan.

Retrouvez le bilan mercato club par club

Le recrutement pour la saison est clos? 

Presque clos oui. 

Comment comptez-vous attirer des jeunes joueuses parisiennes alors qu’il y a plusieurs très bonnes équipes en Île de France? 

Par une structure complète, un centre de formation que j’espère qu’on arrivera à mettre en place par la suite. On est un bassin parisien où les sections féminines sont nombreuses, l’idée c’est de proposer un panel large pour faire en sorte que toutes les femmes puissent venir au GPSO 92 Issy. Aujourd’hui, on peut faire du football féminin à 5, 7, 11, à l’extérieur, à l’intérieur, en loisir, en compétition. Une jeune fille, une femme, une enfant qui a envie de jouer, elle vient et on s’adapte. 

Où aimeriez-vous voir Issy dans 5 ans ? 

On veut faire en sorte de rester en D1, c’est notre priorité pour pouvoir proposer quelque chose de stable et de concret pour les jeunes. On doit être dans les Hauts-de-Seine le club relais de toutes les sections féminines. On veut travailler ensemble sans se diviser, pour faire en sorte que le football féminin évolue dans le département de façon collective. »

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