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Coupe de France : Les clés du match

LE SOMMER - MORRONI - OL/PSG - © Guillaume Charton
Eugénie le Sommer à l’oeuvre, suivie par la latérale parisienne Perle Morroni  – ©Guilaume Charton
Ce dimanche à 21h, les joueuses de l’OL et du PSG se retrouvent pour la cinquième fois en finale de Coupe de France. Lyon visera un neuvième sacre, Paris un troisième. L’Équipière présente les clés du match. 

Avant ce nouveau duel entre les deux cadors de D1, Lyon mène 3-1 dans les confrontations directes en finale, même si Paris reste sur une victoire lors de la dernière opposition en 2018 (1-0, but de Marie-Antoinette Katoto). Après une saison de D1 raccourcie pour cause de Covid-19, la FFF a permis aux joueuses d’aller au bout de cette Coupe de France 2019-2020. En demi-finales, l’OL a difficilement éliminé Guingamp (1-0), pendant que le PSG a battu Bordeaux, au bout du suspens (2-1). Place à la finale désormais.

La gestion du banc et des organismes

Depuis le déconfinement, la préparation des deux équipes a eu des airs de course contre-la-montre pour arriver fin prêtes pour la reprise des compétitions. Après un stage riche en travail à Tignes, l’OL a enchaîné avec des rencontres amicales -remportées à chaque fois- disputées en Pologne. Le PSG aussi a remporté ses trois tests contre le Paris FC -à deux reprises- et contre Twente. 

La forme physique affichée par les deux équipes était l’une des grandes interrogations des demi-finales le week-end dernier, notamment sur la capacité des joueuses à tenir 90 minutes de haute intensité. Après un si long arrêt, les deux coachs Jean-Luc Vasseur et Olivier Echouafni pouvaient d’ailleurs se réjouir de la nouvelle règle des cinq changements autorisés. Sans surprise, le PSG et l’OL ont pu faire la différence en deuxième mi-temps, notamment grâce à un banc copieux. Contre Bordeaux, les entrantes parisiennes (Däbritz, Bachmann, Baltimore et Brunn) ont été débordantes d’énergie et ont apporté un nouveau souffle au PSG, qui a complètement étouffé les Girondines en fin de match. Du côté des Lyonnaises, Bacha, Cascarino, Gunnarsdottir et Van de Sanden ont été tout aussi précieuses pour battre Guingamp. Ce dimanche, la différence pourrait se faire en deuxième mi-temps, lorsque l’une des deux équipes montrera les premiers signes de fatigue. Les deux coachs devront alors anticiper ce moment et faire rentrer du sang neuf. Si la qualité des remplaçantes est présente chez les deux équipes, le timing des changements et la gestion de la fatigue sera l’une des clés du match.

Paris doit exister 

Contre Bordeaux, les franciliennes ont par moment manqué d’agressivité et se sont laissées déborder par des Girondines pugnaces. Face à Lyon, si les Parisiennes veulent exister, elles devront d’emblée imposer un rythme soutenu, à commencer par la ligne d’attaque dont le pressing a bien trop longtemps été décousu en demi-finale.

D’autant plus que Lyon a montré quelques signes d’attentisme face à des Guingampaises décomplexées, qui auraient bien pu réduire la marque en négociant de meilleure manière leurs quelques situations favorables. Les joueuses de la capitale pourraient ainsi espérer un autre scénario qu’un simple attaque-défense, comme souvent par le passé.

La bataille du milieu 

Qui contrôlera le jeu ce soir à Auxerre ? D’un côté, l’OL pourra compter sur le milieu à trois HenryKumagaiMarozsan, certainement le meilleur trio du monde avec Gunnarsdottir en suppléante de luxe. De l’autre côté, si Geyoro et Nadim devraient être alignées d’entrée au poste de relayeuse, l’incertitude plane sur celle qui sera la rampe de lancement parisienne, en position de sentinelle. Si Luana s’est montrée peu convaincante pendant la première heure de jeu face à Bordeaux, Däbritz a fait une entrée fracassante. De retour d’une rupture des ligaments croisés, pas sûr pour autant que l’Allemande ait plus d’une heure dans les jambes. Formiga -qui n’a pas joué du tout contre Bordeaux- semble être troisième dans la hiérarchie. Un changement de système n’est pas totalement à exclure. L’arrivée récente de Ramona Bachmann, qui évolue préférentiellement en numéro 10, offre à Olivier Echouafni d’autres possibilités quant à son dispositif tactique. Un milieu de terrain inédit Nadim-Geyoro-Bachmann pourrait être aligné, si l’internationale suisse est en mesure de tenir son rang. 

Dans tous les cas, la bataille de l’entrejeu aura lieu, et les deux équipes auront à coeur de gagner les duels dès l’entame pour prendre le jeu.  Si les deux équipes sont habituées à avoir la possession en championnat, il sera cette fois plus compliqué pour Paris de miser sur la conservation du ballon. Dès lors, une solution pourrait être d’aller vite dans la transition du ballon pour bousculer le bloc lyonnais. Dans tous les cas, le PSG ne devra pas laisser Lyon jouer, au risque de vivre une seconde période très compliquée, notamment sur le plan physique.

Delphine CASCARINO - OL/PSG - ©Guillaume Charton
Delphine Cascarino entre deux Parisiennes – @Guillaume Charton

Le jeu de transition et les contres

La principale force du PSG et de l’OL face à leurs adversaires, en D1 notamment, est de disposer d’un bloc-équipe bien en place et de joueuses disciplinées tactiquement ; de quoi garder le contrôle du jeu et faire déjouer leurs adversaires. Si cela suffit en D1, -tant le PSG et l’OL sont supérieures aux autres équipes-, pour remporter la finale, ils ne pourront se contenter de bien rester en place et devront prendre des risques. Il faudra dès lors s’appliquer et innover sur le jeu de transition. Dans un match où les occasions de but pourraient se faire rare, les joueuses de Jean-Luc Vasseur et d’Olivier Echouafni devront profiter de chaque perte de balle pour vite se projeter vers l’avant et déstabiliser le bloc adverse. 

En demi-finale, les Parisiennes, qui avaient pourtant la possession, ont souffert face à la vitesse en contre des Girondines. Grâce à leur capacité à se projeter rapidement à la récupération du ballon, les protégées de Pedro Martinez Losa ont semé la panique dans l’arrière-garde parisienne et, avec un peu plus de réussite dans le dernier geste, elles auraient pu s’imposer. De même, la très solide défense lyonnaise n’a vraiment été mise à mal face à Guingamp que sur les contres des Costarmoricaines. 

Les coups de pied arrêtés

C’est souvent le cas lors des matchs importants : les coups de pied arrêtés seront décisifs. Comme évoqué plus haut, il n’est pas certain de voir une pluie d’occasions à l’Abbé-Deschamps, tant la rencontre pourrait être fermée. Lors de la seule confrontation entre les deux équipes cette saison –victoire 1-0 de l’OL-, Saki Kumagai avait d’ailleurs marqué le seul but de la partie d’une tête puissante suite à un corner de Dzsenifer Marozsan. En demi-finale contre Guingamp, Nikita Parris a encore fait la différence suite à un coup de pied de coin. La défense de Paris est prévenue, il faudra être vigilant. Les joueuses d’Olivier Echouafni seraient d’ailleurs bien inspirées de se montrer efficaces sur les coups de pied arrêtés offensifs, tant elles savent qu’il leur sera difficile de se créer des occasions dans le jeu.