#MetempsÀ la UneDéveloppement de la pratique

Coup de projecteur sur la Women’s Cup du Grand Est : plus grand tournoi amical de France !

Par 20/08/2020 19:39 No Comments
Du 13 au 16 août, 12 clubs féminins se sont retrouvés en Moselle pour s’affronter à la Women’s Cup du Grand Est. L’Équipière dresse le bilan  avec les organisateurs de cet événement.

« C’est le seul événement de cette ampleur en France actuellement » 

Pour sa troisième édition, la Women’s Cup du Grand Est a vu les choses en grand. Cette année, 12 équipes de D1 (GPSO 92 Issy, FC Fleury 91, Dijon FCO, Stade de Reims), de D2 (Racing de Strasbourg, Vendenheim, LOSC, FC Metz, VGA St. Maur, Nancy) ainsi que des championnats allemand (SC Sand) et belge (Standard de Liège) y ont pris part.   Plus important en quantité d’équipes et de matchs que le trophée Véolia organisé par l’Olympique Lyonnais (16-18 août), c’était le plus grand tournoi de football féminin sur le territoire français de l’été. « On a multiplié par 1,6  le nombre de spectateurs ! » annonçait fièrement Samir Ammor, organisateur de l’événement. 

« On a eu peur de l’annulation, au début »

Pourtant, sa mise en place n’a pas été de tout repos pour les organisateurs : « le COVID nous a ralentis mais on a quand-même décidé de se lancer » explique Jean-Marc Durenne, président du club local de l’US Trois Maisons, hôte du tournoi. Pandémie oblige, il a fallu faire preuve d’inventivité pour adapter l’événement aux mesures sanitaires et de conviction pour persuader les autorités de l’autoriser. Djamel Saad, adjoint au maire de Phalsbourg en charge de la jeunesse et des sports, se félicite : « Jusqu’à 72h avant l’événement la préfecture avait le droit d’annuler la manifestation. On a établi un plan de manifestation, espacé les tables, installé du gel hydroalcoolique, mis en place plein de barrières, instauré le port du masque obligatoireLa mairie a même commandé plus de mille masques qui ont été distribués. » Mais l’association entre l’organisateur, la mairie, le club des Trois Maisons et ses bénévoles, n’a pas cédé.  

« Depuis 3 ans qu’on organise ce tournoi ça fait changer les mentalités. »

Djamel Saad est fier d’avoir réussi à dépasser les contraintes, car il connaît la dimension sociétale de l’événement : « On est une région où la femme n’a pas forcément sa place dans le domaine sportif, au foot ou ailleurs. Donc depuis 3 ans qu’on organise ce tournoi ça fait changer les mentalités. ». Et c’est vrai que le spectacle fourni sur le terrain en a épaté plus d’un ! Avec 35 buts en 8 matchs, les joueuses ont fait leur show. L’élu raconte : « Beaucoup de spectateurs disaient que c’est énorme. “Elles se prennent des coups, elles se relèvent, ça joue, il y a de la tactique, de l’intelligence dans le jeu. Tandis que les mecs, à leur niveau, c’est individualiste.” »

« Ce genre d’événements fait vivre les villes »

Pour l’occasion, le rectangle vert de l’US Trois Maisons a été foulé par les crampons de joueuses internationales, son club house a été transformé en coulisses pour les joueuses et son parking a en buvette. Transcendée, la ville a vécu 4 jours au rythme des coups de sifflets, heureuse d’accueillir cet événement : « Ça fait parler de Phalsbourg dans toute la France et même en dehors, puisque le Standard de Liège et des équipes allemandes viennent. Ça fait plaisir pour la ville. » Parmi les clubs participants, quatre clubs sont venus de la région et ont amené avec eux leurs supporters.  Comme l’explique l’adjoint au maire, plus qu’une promotion du football féminin, la Women’s Cup du Grand Est c’est aussi la mise en avant d’une région et d’une ville.

« L’accueil pour nous c’est la base » 

Samir Ammor est satisfait : « Tout le monde m’a envoyé des messages positifs. Ils étaient contents. On m’a même sollicité pour organiser d’autres événements ailleurs en France ! ». Il faut dire que les organisateurs et les bénévoles étaient aux petits soins des joueuses et des staffs. Avec un kiné toujours à disposition, un repas diététique et équilibré servi à toutes les joueuses dans l’enceinte du futur complexe sportif de Phalsbourg, des snacks et des fruits frais à disposition des joueuses à la mi-temps, pour ne citer que ça, le tournoi fournissait un traitement professionnel dans une ambiance détendue. « Les filles sont vachement accessibles, elles sont très respectueuses, elles n’ont aucune arrogance. Et quand je discute avec elles, ça leur a fait plaisir d’être là. » expliquait l’adjoint au maire de Phalsbourg. Certaines joueuses ont même été aperçues en train de manger une crêpe ou une flammenkueche en douce avant de remonter dans leur bus.

« C’est bien, mais ça sera encore mieux l’année prochaine. » 

Avec ce bilan positif, les organisateurs ne comptent pas s’arrêter là. Djamel Saad prévoit déjà une montée en gamme dans les infrastructures : « On est en train de faire un complexe synthétique, avec des gradins, plus d’espace… » Le tournoi disposera donc de deux terrains et d’infrastructures nouvelles ! De quoi donner de l’enthousiasme à Jean-Marc Durenne, qui annonce déjà la participation de son club dans l’organisation de la prochaine édition : « L’année prochaine, grâce à la mairie, le soutien qu’ils nous ont apporté cette année et le fait que les féminines veulent voir du foot féminin, et nous aussi, on a décidé de le faire. » Enfin, Samir Ammor prévoit déjà d’ouvrir le tournoi à de nouvelles équipes : « On espère viser de nouveaux clubs de France, mais aussi d’Allemagne et de Suisse. » Objectif, faire venir Hoffenheim, Sand, Fribourg mais aussi Bâle et le Servette de Genève. Et pourquoi pas, même, le FC Nantes, Montpellier et les Girondins de Bordeaux…

 

Rendez-vous donc dans un an pour découvrir qui seront les nouvelles équipes participantes et profiter des nouvelles infrastructures ! 

Leave a Reply