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D2 féminine, groupe A : notre baromètre des favoris

Par 13/09/2020 09:55 No Comments
Metz-LOSC lors de la Women’s Cup du Grand est  – ©Victoria Lapauze/ L’Équipière
Tout comme sa grande soeur de D1, la D2 a repris ses droits le week-end dernier. Celle-ci sera composée de deux groupes de douze pour seulement une accession par poule. L’Équipière a dressé son baromètre des favoris du groupe A.

Pour le plus grand bonheur des amateurs de football féminin, les projets ambitieux se multiplient au sein de l’antichambre de l’élite française. La concurrence est donc de plus en plus rude et la tâche de promotion en D1 se complique. Cette année encore, les candidats au précieux sésame ne manqueront pas. S’il est possible de détacher quelques favoris naturels, terminer premier d’une poule exige une grande régularité dans les performances. 

La saison dernière, Issy a remporté haut la main la poule A avec une seule défaite. Dans l’autre groupe, l’ASSE, invaincue en 15 rencontres, n’est pas parvenue à monter. La faute à quatre matchs nuls, contre un nul et deux défaites pour Le Havre. Le Stade de Reims, champion de D2 en 2018-2019, n’avait laissé échapper que neuf petits points sur l’ensemble de la saison, dix pour le FC Metz la saison précédente. Vous l’aurez compris, pour les équipes candidates à l’élite chaque unité compte et il n’y aura pas le droit à l’erreur, ou presque. Dans le groupe A, un trio se détache : Nantes, Metz et Lille. Derrière, des outsiders comme Brest, Orléans ou Saint-Malo seront à l’affût en cas de faux pas des favoris.

Nantes, la dernière marche d’une ascension fulgurante ? 

Depuis la création de l’équipe senior en 2014, les féminines du FC Nantes vivent un apprentissage accéléré. Malgré un léger accroc en D2 pour leur premier exercice à ce niveau la saison dernière, ses dirigeants visent plus haut et plus vite : « On a créé une équipe qui a gravi tous les échelons d’année en année. Maintenant, on essaie de faire tout ce qu’il faut pour accéder à notre objectif de D1 », affirmait d’ailleurs Jacky Soulard, le président de l’Association du FC Nantes dans nos colonnes, le 16 juin dernier. Entre joueuses formées au club et joueuses expérimentées, l’entraîneur Tanguy Fetiveau et son staff pourraient bien avoir trouvé la recette parfaite pour la montée. Comme recrue phare de l’intersaison, les dirigeants nantais ont misé sur l’internationale française Charlotte Lorgeré (26 ans). Nommée capitaine dès la première journée de D2 (victoire 2-0 contre Lens), l’ex-Messine apportera tout son vécu du haut niveau au jeune groupe canari. Dans les buts, l’apport de la jeune internationale polonaise Kinga Szemik (23 ans) devrait être précieux.

Tanguy Fetiveau
©FC Nantes / Arnaud Duret

Enfin, Claire Guillard, qui a raccroché les crampons après près de 20 ans à haut niveau, a été remplacée par l’une des meilleures buteuses de D2 en la personne d’Anaïs Ribeyra (28 ans, 60 buts en D2, 33 en D1). Malheureusement pour Tanguy Fetiveau, elle est sortie blessée à la 64e du match contre Lens. Touchée à la cuisse gauche, sa période d’indisponibilité n’est pas encore connue à ce jour, même si les derniers signes renvoyés par le staff médical nantais sont plutôt positifs. Le projet canari est sans conteste l’un des plus ambitieux de l’Hexagone et les Jaunes et Vertes auront à coeur de le démontrer sur le terrain. 

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Metz, l’ascenseur en mode remontée ?

Habituée à faire l’ascenseur entre la D1 et la D2 depuis 2014, la troupe de Jessica Silva espère certainement continuer à le faire, juste une saison de plus, une dernière. Ses deux derniers exercices de D2, le FC Metz les a parfaitement gérés puisqu’il a terminé à deux reprises en tête son groupe avec, en prime, un titre de champion de D2 en 2018. Le club est donc rodé pour jouer les premiers rôles. Si certaines cadres de l’équipe qui jouait en D1 la saison dernière sont parties, comme Christy Gavory (Lens), Sh’nia Gordon (Dijon) ou Hélène Fercocq (Dijon), l’été a surtout été synonyme de renouveau en Moselle. Une douzaine d’arrivées, avec des jeunes espoirs du football féminin français comme Lucie Esnault, Liza Martinez ou encore Eva Kouache, toutes trois âgées de 20 ans, mais aussi des joueuses plus confirmées comme Candice Gherbi (25 ans). À ce jour, aucun objectif n’a officiellement été dévoilé par le club, sinon celui d’être compétitif. Jessica Silva, nommée à la tête des Messines début janvier, est là pour bâtir avec la volonté d’enfin réussir à stabiliser le FC Metz au plus haut niveau. Ses joueuses lutteront certainement pour la montée mais, s’il fallait attendre une saison de plus pour enfin réussir à rester en D1, ce serait peut-être un mal pour un bien.

Le LOSC prêt à mener bataille

La saison dernière, Lille est tombé contre plus fort que lui. Le groupe très jeune de Rachel Saïdi avait perdu des points bêtement contre Yzeure (1-1), Vendenheim (0-0), Nancy (3-1) et s’était incliné contre les gros morceaux havrais et stéphanois. Mais avant l’arrêt dû à la pandémie du Covid-19, les partenaires de Salomé Elisor avaient enchaîné cinq victoires consécutives. Au vu du rythme de croisière des deux leaders, les chances de montée des Nordistes étaient infimes, mais celles-ci avaient le mérite de pouvoir y croire à sept journées de la fin. Au regard du talent de ses joueuses, Rachel Saïdi pouvait craindre d’être dépouillée cet été, cela n’a pas vraiment été le cas. Seules deux cadres de l’équipe ont quitté les Dogues, avec les départs de Julie Dufour et Emeline Saint-Georges vers Bordeaux et Soyaux.

noémie mouchon
allezlille.fr

Dans le même temps, l’expérimentée internationale belge Maud Coutereels a fait son retour en terres lilloises, après un an au Standard de Liège. En plus de l’arrivée de Chloé Pierel (21 ans), le LOSC attend une dernière joueuse offensive avant la fermeture du mercato. De quoi soulager la très jeune avant-centre Noémie Mouchon qui, malgré ses dix-sept bougies, pourrait bien faire trembler toutes les défenses de D2 cette saison. Si elle doit encore progresser -notamment de son mauvais pied-, elle a commencé sa carrière tambour battant : 18 matchs, 14 buts. En ouverture de la saison, elle a offert la victoire à ses coéquipières en y allant de son doublé contre Orléans (2-0). Il faudra bien entendu prendre son temps, mais la native de Lille figurera sans doute parmi les meilleures buteuses du championnat cette saison. Elle aura certainement à coeur de rejoindre le plus haut niveau dès la saison prochaine, à Lille ou ailleurs. Le LOSC est une terre de talent qui, cet été, a misé avant tout sur la stabilité. Pari gagnant ? Réponse dans les prochains mois.

Brest, Orléans et Saint-Malo à l’affût 

Ces écuries sont, sur le papier, incontestablement inférieures aux trois citées plus haut et le podium devrait se jouer entre cadors. Mais on l’a bien vu la saison dernière, Issy-les-Moulineaux a survolé son championnat devançant largement Rodez, Saint-Malo, Orléans ou encore Nantes. Cette année encore, un “petit” pourrait venir coiffer les grosses cylindrées au poteau. 

La saison qui vient de s’écouler a vu l’US Saint-Malo, emmené par un duo d’attaque tout feu tout flamme formé d’Océane Rigenbach (9 buts) et de Paulina Babinga (8 buts), se classer troisième de son groupe. Le club pourrait encore jouer les trouble-fête en 2020-2021. Problème, si le club d’Ille-et-Vilaine a pu conserver l’une de ses forces, à savoir l’ossature de son milieu de terrain, son attaquante phare Rigenbach a rejoint le Stade Brestois. Le voisin du Finistère s’est d’ailleurs largement renforcé en attaque puisqu’il a aussi recruté l’ex-capitaine de Rodez, Anna Banuta. Avec une dizaine de recrues, Brest a tout changé cet été et, le temps de mettre le projet en place, ce sera dans doute déjà trop tard pour jouer la montée. Il faudra tout de même faire attention aux deux clubs bretons. 

Enfin, Orléans devrait jouer son rôle d’éternel outsider. Si les troupes de Farid Kebsi seront orphelines de Santana Sahraoui (Le Havre), Kessya Bussy (Reims) ou encore Assimina Maoulida (Lyon), le recrutement pour pallier leur absence a été intelligent. En empochant Fatoumata Baldé et en levant l’option d’achat de Meryll Wenger, les dirigeants orléanais ont montré qu’ils ne manquaient pas d’ambition. Strasbourg et Lens, qui ont des projets naissants, seront trop justes pour disputer les premières places et devront certainement attendre pour pointer le bout de leur nez en haut du classement.