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D2 féminine : « Maintenant la question est de savoir ce que l’on va faire de ce football féminin »

Par 24/04/2021 11:44 mai 25th, 2021 No Comments
Christophe Forest (au centre), entraîneur du Stade Brestois – ©SB29
A la suite de l’annonce de la fin de la saison de D2, Christophe Forest (entraîneur du Stade Brestois) et William Monthezin (président Saint-Maur) se sont exprimés pour l’Equipière au sujet de cette annonce, mais aussi sur l’avenir.

Comme une once de soulagement

Si cette annonce peut sembler difficile, elle est en réalité presque un soulagement pour les équipes de D2. « Enfin, on sait où l’on va. Ça paraissait très compliqué de pouvoir reprendre maintenant, alors qu’on est déjà fin avril. Ça aurait été vraiment bizarre » explique William Monthezin. Christophe Forest est du même avis : « C’est un soulagement de savoir. On sait au moins à quoi s’en tenir, pour préparer la saison prochaine. Je pense que les joueuses le sont également. Au moins, on sort de cette situation où l’on est dans le brouillard, c’est ce qui était très difficile et fatiguant psychologiquement. »

Cette décision, ils l’attendaient. S’ils devinaient aisément l’issue de cette saison, ils attendaient précisément le coup de sifflet final. « Quand on a vu que ça traînait, on a bien compris que la FFF faisait traîner les choses pour pouvoir dire, in fine, qu’il était trop tard pour reprendre parce qu’il ne restait plus assez de week-ends » confie l’entraîneur brestois.

Se projeter sur la prochaine saison

Si cette saison est terminée, les deux hommes sont d’ores et déjà tournés vers autre chose. « On se projette déjà sur la saison prochaine. Depuis le revirement on travaille là-dessus. Une saison ça ne se prépare pas en juin. Et puis les filles ont besoin de maintenir leur activité sportive » anticipe William Monthezin.

Pour Brest, des discussions sont en cours sur la suite des activités. Si l’entraîneur sait déjà qu’il ne sera pas conservé la saison prochaine, il loue toutefois l’engagement de ses joueuses : « J’ai la chance d’avoir un groupe qui se donne sérieusement dans les entraînements. Même sur les exercices physiques, les filles se poussent entre elles. Ce qui me déçoit un peu c’est de n’avoir joué que cinq matchs.»

D’autres inquiétudes demeurent 

Les jeux sont désormais faits. Mais la véritable question, qui persiste après ces mois tumultueux, est l’avenir de cette D2 et plus largement du football féminin français. Son évolution relativement lente en France interroge.

« C’est lamentable que l’antichambre de l’élite ne soit pas respectée. C’est un manque total de respect envers le football féminin. On parle beaucoup du football féminin, on veut le développer mais, malheureusement, on met peu de moyens comparé aux autres pays européens. Forcément, c’est compliqué pour le faire avancer. On a la chance d’avoir la meilleure équipe du monde, mais autour on ne fait pas ce qu’il faut » explique Christophe Forest.

Une crainte partagée par William Monthezin : « Maintenant la question est de savoir ce que l’on va faire de ce football féminin, est-ce qu’on va le laisser dormir, alors que partout ailleurs en Europe ça investit ? Ou est-ce qu’il va y avoir un vrai projet, pour faire en sorte que la D2 soit considérée comme faisant partie du haut niveau ? C’est cette reconnaissance qui va être importante. »

William Monthezin (à droite), président de la VGA Saint-Maur – ©VGA Saint-Maur