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Des Bleues très diminuées face à l’Autriche

© Manu Cahu
Dans une période déjà agitée pour l’Équipe de France, ces derniers jours ont vu s’enchaîner les annonces de forfait de plusieurs cadres. De mauvaise augure avant le choc décisif de ce soir (21h).

Le Sommer, Torrent, Tounkara et Asseyi forfait

Le Clasico OL-PSG n’a pas fait que des dégâts au classement puisqu’Eugénie Le Sommer en est ressortie blessée. Une lésion musculaire à l’ischio-jambier gauche a forcé l’attaquante à céder sa place peu avant la demi-heure de jeu vendredi dernier. Malheureusement pour les Bleues, ce n’était que le premier domino à tomber puisque deux jours après l’officialisation du forfait de la Lyonnaise, la Fédération a annoncé que Marion Torrent (Montpellier), touchée à la cuisse, ne prendrait pas part au rassemblement français. Mais Corinne Diacre n’était pas au bout de ses surprises. Lundi, troisième forfait en trois jours avec la joueuse de l’Atlético Madrid Aïssatou Tounkara testée positive à la COVID. Mercredi enfin, Viviane Asseyi est venue s’ajouter à la longue liste des absentes. La joueuse du Bayern s’est blessée à la cheville lors de l’entraînement de la veille, suite à un mauvais appui.

Les éternelles absentes – un potentiel inutilisé

Outre les dernières blessures, l’Équipe de France devait déjà compenser l’absence de plusieurs cadres, dont le retour aurait pu être bienvenu. Alors que deux défenseures seront forfait ce soir, le nom de Griedge Mbock, blessée au talon d’Achille depuis le début de l’année, vient tout de suite à l’esprit. La joueuse lyonnaise, titulaire systématique en 2019 et jusqu’à sa blessure, aurait sans aucun doute été un gros atout. Cependant, elle ne risque pas de fouler les terrains de si tôt puisqu’il a été annoncé hier soir (jeudi) qu’elle attendait une nouvelle opération. Autre absente : Sarah Bouhaddi. En conflit avec la sélectionneure, celle-ci s’est retirée fin octobre de l’Équipe de France le temps de trouver une stabilité et une confiance nouvelle avec Corinne Diacre.

Sont également à déplorer les “éternelles non sélectionnées”. Comme tout autre sélectionneur, Corinne Diacre décide de laisser certaines joueuses de calibre international hors des stages des Bleues. L’absence de Kheira Hamraoui (“la Benzema de Diacre”), qui performe à Barcelone, lui est ainsi souvent reprochée. Si une sélectionneure se doit de faire des choix, une exception pourrait être faite dans ce contexte particulier. 

La jeunesse en renfort

Malgré tout, Corinne Diacre ne manque pas d’imagination pour combler ces absences. Afin de remplacer ses cadres, elle fait le pari de la jeunesse. Un choix risqué et contestable mais qui pourrait s’avérer malin pour donner plus d’explosivité au jeu des Bleues. Elle avait déjà décidé d’aligner des joueuses comme Emelyne Laurent (22 ans), par exemple. Mais avec les quatre joueuses sélectionnées en remplacement, elle va encore plus loin. En effet, elles ont entre 19 et 22 ans et pas plus d’une sélection en Équipe de France A, malgré de nombreuses titularisations dans les catégories de jeunes ! 

Parmi elles, Sandy Baltimore arrive en renfort pour compenser l’absence d’Eugénie Le Sommer. Depuis le début de la saison, la jeune attaquante du PSG se voit attribuer plus de temps de jeu et de titularisations grâce à de belles performances. Indéniablement, la sélectionneure l’a aussi remarquée. Deuxième remplaçante de ce rassemblement des Bleues, Julie Thibaud défenseure de Bordeaux. Troisièmes au classement de D1, les Girondines ont l’une des meilleures défenses du championnat. Faire appel à l’une de leurs défenseures est donc un choix compréhensible – même si étonnant- pour combler l’absence de Marion Torrent. Viviane Asseyi, elle, laisse sa place à Oriane Jean-François, milieu de terrain de 19 ans du Paris FC, qui monte en puissance depuis la victoire aux championnat d’Europe U19. Le choix de Clara Matéo pour compenser le forfait de la défenseure Aïssatou Tounkara est, lui, moins commun. Contrairement aux remplacements poste pour poste précédents, le choix d’une attaquante semble indiquer une volonté de Corinne Diacre de parier sur un jeu offensif pour les deux prochains matchs de l’Équipe de France

Les effets collatéraux de la Covid

La France sera donc privée de nombreux éléments d’expérience pour son match capital contre l’Autriche. La faute à la COVID ? Le match de qualifications entre la Pologne et l’Espagne a par exemple dû être reporté à cause de la détection de six cas de COVID parmi les joueuses et le staff est-européens. Si Tounkara est la seule française directement touchée par le virus, les blessures s’accumulent dans tous les clubs, féminins comme masculins, à travers l’Europe. La faute à un planning chamboulé pour des joueuses à la condition physique amoindrie par des mois d’entraînement à domicile, des reprises parfois abruptes et ayant peut-être manqué de préparation. Les joueuses, les clubs et les équipes nationales paient le prix fort de cette année 2020 pas comme les autres.