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Elisa de Almeida (Montpellier) : «Le rêve était dans un coin de ma tête»

Par 07/11/2019 12:00 février 22nd, 2021 No Comments
photo : ©A2M sport consulting
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Première convocation chez les Bleues, nominée pour le titre de meilleure espoir de D1, transfert à Montpellier… Les derniers mois de la jeune défenseure (21 ans) lui ont permis de prendre un envol spectaculaire. Avant le match de qualification pour l’Euro face à la Serbie (samedi 21h), elle s’est confiée à l’Équipière. 

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« Elisa, vous goûtez au plaisir de la sélection en équipe de France A depuis le mois d’août. Comment se déroulent ces débuts en Bleue? 

Très bien! J’avais la chance de connaître pas mal de filles de ce groupe de 23! J’ai eu le droit à un super accueil, la coach m’a directement mis en confiance. Elle m’a dit de jouer comme je savais jouer, de ne pas me prendre la tête et d’avoir confiance en moi.

Vous avez été sélectionnée juste après la Coupe du monde. Regrettez-vous de ne pas avoir pu participer à ce grand événement à domicile?  

Pas du tout, je n’ai aucun regret!

Le groupe est-il revanchard après cet échec?

Je ne sais pas si on peut dire que le groupe est revanchard, les filles ont tourné la page et maintenant elles sont toutes focus sur les qualifications pour l’Euro 21. On en reparle un peu, à table ou sur le terrain, mais pas plus que ça. Il y a une super ambiance!

Avez-vous été impressionnée lors de votre arrivée en Bleue? 

J’ai été impressionnée par tout! C’est l’équipe de France A, j’y pense depuis que je suis toute petite. Mais après il faut direct se mettre dedans et tout donner aux entraînements. C’est des filles qui sont là-bas depuis un bon nombre d’années maintenant. Quand j’y vais, je regarde, je prends tout ce que j’ai à prendre auprès d’elles. Certaines me conseillent, notamment WendieAissatouGriedge (ndlr : Renard, Tounkara, Mbock) qui jouent à mon poste!

Avez-vous pu ressentir ce qu’on pouvait lire dans les médias sur l’éventuelle fracture entre certaines cadres lyonnaises et Corinne Diacre? 

Non ça ne se ressent pas du tout… On connait les médias, ils cherchent toujours de quoi remplir les papiers…

Votre carrière a pris un tournant cet été. Vous avez choisi de quitter le Paris FC pour Montpellier. Comment résumeriez-vous ces années à Paris? 

Il n’y a eu que du positif! J’ai commencé ma formation avec Juvisy en U19 National, avec des débuts en D1 à l’âge de 18 ans, c’est forcément positif! Ensuite j’ai enchaîné trois ans en D1 avec le Paris FC, c’était un grand bonheur de porter ces couleurs!

Vous avez toujours su que vous seriez professionnelle ? 

Quand on est jeune, on y pense un petit peu. Mais on sait que le foot féminin n’est pas encore autant développé que chez les garçons. C’est à l’âge de 15 ans, lorsque je suis rentrée à Clairefontaine, que cette idée s’est vraiment gravée dans ma tête. Ensuite, j’ai fait les sélections de jeunes, on a gagné l’Euro U19… Le rêve était dans un coin de ma tête, je mettais tout en place pour le réaliser!

Vous parlez de développement du football féminin. Que pensez-vous du modèle du double projet tant prôné par votre ancienne présidente au PFC (ndlr : Marie Christine Terroni) ?

Je pense que c’est une bonne chose. Gaëtane (ndlr : Thiney) arrive très bien à le faire aujourd’hui, et beaucoup de joueuses l’ont fait auparavant. Je trouve ça bien parce qu’on sait très bien que le foot féminin ne rémunère pas autant que les garçons, donc faut préparer l’après carrière, le double projet est très intéressant au PFC. Mais quand on voit l’évolution du foot féminin, il y a de plus en plus de clubs entièrement professionnels, comme à Montpellier.

«J’avais envie de voir un peu comment c’était ailleurs.»

En passant du PFC à Montpellier, vous changez donc de dimension. Les structures ne sont pas les mêmes, les charges d’entraînement non plus… Avez-vous l’impression d’avoir franchi un cap?

Franchir un cap je ne sais pas. C’est pas du tout la même organisation. Avant je m’entrainais plutôt en fin d’après-midi, maintenant je m’entraine plutôt le matin, et parfois on double les séances dans la journée. On a beaucoup plus de charge d’entraînement, alors on progresse davantage, c’est sûr. Le reste, seul l’avenir nous le dira.

Et cette nomination pour le titre de meilleure espoir aux trophées UNFP la saison dernière vous a également mis sur le devant de la scène…

C’est une fierté d’avoir reçu cette distinction individuelle de meilleure espoir de la saison. Mais ce titre, je le dois à toutes mes coéquipières du Paris FC qui m’ont aidée toute l’année à jouer et à être performante sur le terrain.

Quelles raisons vous ont poussée à partir de Paris, alors que vous sortiez d’une saison plus que satisfaisante? 

J’avais envie de voir un peu comment c’était ailleurs. J’étais en fin de contrat alors c’était le moment pour moi de partir. Frédéric Mendy m’a énormément parlé, m’a beaucoup mis en confiance, notamment sur le temps de jeu que j’aurai ici. Avec le directeur sportif, ils m’ont convaincu sur le projet sportif, et la projet du club que m’a présenté la direction m’a vraiment plu.

«Je demande beaucoup de conseils à Marion, Sakina ou Valérie »

Actuellement, vous jouez centrale, mais vous avez aussi évolué au poste de latérale auparavant. Frédéric Mendy vous a choisi pour cette polyvalence? 

Non, dès le début il m’a clairement dit que j’étais là pour jouer centrale, uniquement centrale.

En tant qu’ancien défenseur central, il peut vous conseiller en grand connaisseur. Cela a-t-il pu peser dans la balance au moment de choisir Montpellier? 

Forcément, comme il était à mon poste, ça m’aide. Même si parfois, il est très exigeant. Je progresse sur des petits détails, il sait de quoi il parle quand il nous entraîne. Ça se passe très bien entre nous! On rigole, il me dit quand je suis nulle, il me dit quand je suis forte, c’est parfait! Et puis avoir un garçon qui vient du foot masculin, ça m’a aussi motivé à venir.

Vous devez vous habituer à un nouveau quotidien… Comment s’est passée votre intégration à Montpellier? 

Pour l’instant je n’ai eu que du soleil, et la pluie ici n’est pas la pluie parisienne (rires) ! Quand on ne double pas les entrainements, je sors pas mal à la plage ou bien me balader avec les joueuses. Je ne connais pas grand monde encore à Montpellier, je suis surtout avec le groupe! J’ai eu un accueil vraiment au top. On a bien commencé la saison, il y a quelques matches où je pense qu’on aurait pu prendre des points qu’on n’a pas pris, mais on va tout donner.

Quel est l’objectif fixé par le coach? Vous avez un effectif plus que séduisant…

On vise le podium! Après je ne vais pas vous dire qu’on va s’arrêter là, on veut être le plus haut possible! C’est ça le discours du coach : arriver le plus haut possible. Il sait qu’on a les qualités pour performer.

L’effectif est composé de nombreuses internationales… Cela vous permet-il de progresser plus vite? 

Oui il y a plusieurs joueuses internationales. Je débute tout juste en équipe de France A, je demande beaucoup de conseils, à MarionSakina ou Valérie (ndlr : Torrent, Karchaoui, Gauvin). Je discute aussi avec les étrangères, on apprend toutes ensemble!

Quelle est votre plus grande qualité, et votre plus grande marge de progression? 

Ma plus grand qualité, je pense que c’est ma vision du jeu et mon placement! Par contre, il faut que je fasse attention à mes entames de matches, comme sur mon erreur en début de match à Soyaux (ndlr : Montpellier avait concédé l’ouverture du score à Soyaux dès la 4e minute de jeu suite à deux erreurs d’Elisa de Almeida).

Pour finir, qu’est ce qu’on peut vous souhaiter pour votre saison? 

Avec Montpellier, je veux avoir le plus de temps de jeu possible et être la plus performante pour aider mon équipe sur le terrain. Je n’ai pas joué le week end dernier contre Lyon.  C’est l’une des meilleures équipes du monde, donc tout le monde a envie de jouer. Et si le travail se fait bien en club, on verra ce qu’il se passera en sélection!»