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Entre démissions et limogeages, la NWSL au cœur d’un scandale d’agressions sexuelles

Par 06/10/2021 18:10 No Comments
Banderole NWSL
“Protégez les joueuses de NWSL”, banderole lors d’un match de ligue féminine nord-américaine
Depuis les témoignages de deux joueuses de NWSL il y a une semaine, la ligue et les clubs américains font face à des démissions et des licenciements multiples, et les matchs ont été suspendus le week-end dernier.

Ce mardi, le président du Washington Spirit, Steve Baldwin, a démissionné après le  limogeage de son entraîneur Richie Burke la semaine dernière. En effet, le technicien avait été licencié à la suite d’une enquête de la NWSL sur des accusations de harcèlement verbal et moral. « Tout le monde s’engage à améliorer la culture du club, à éliminer les distractions et à recentrer l’attention sur les joueuses et la poursuite d’un championnat, a déclaré Steve Baldwin dans un communiqué. Avec cet objectif en tête, et à la demande de nos joueuses, j’ai décidé de quitter mes fonctions avec effet immédiat. » Mais la franchise de Washington n’est pas la seule dans cette situation depuis les révélations de The Athletic sur des abus sexuels au sein de la ligue depuis plusieurs années.

Agressions sexuelles : deux joueuses témoignent

Dans une enquête de The Athletic paru la semaine dernière, Sinead Farrelly et Meneala « Mana » Shim, deux joueuses de NWSL, ont accusé l’entraîneur Paul Riley d’agressions sexuelles à plusieurs reprises.  La première raconte avoir été « sous l’emprise » du coach anglais et s’est sentie « contrainte » à des « rapports sexuels forcés » lorsqu’elle était au Philadelphia Independence mais également au sein du club de Portland. Les deux footballeuses expliquent notamment que l’entraîneur les aurait forcées à s’embrasser dans son appartement alors qu’il manageait les Thorns en 2015. Selon The Athletic, les abus sexuels de Paul Riley se seraient produits dans cinq franchises de NWSL depuis 2010, dans lesquelles il a entraîné, d’après les témoignages « de plus d’une douzaine de joueuses ».

Alors qu’il était encore à la tête des North Carolina Courage le 30 septembre dernier, Paul Riley a été limogé après la parution de ces révélations et sa licence d’entraîneur a été révoquée par la Fédération de football des Etats-Unis (US Soccer). Le technicien a contesté ces allégations, les qualifiant de « complètement fausses ».

La Ligue et plusieurs clubs mis en cause

Si Paul Riley est le principal concerné par ces accusations, les joueuses incriminent également la NWSL et ses dirigeants. En effet, alors qu’ils étaient au courant des abus contre l’entraîneur dès 2015, ils lui ont permis de continuer à travailler dans plusieurs franchises américaines. Visée pour son inaction dans cette affaire, la commissaire de la ligue, Lisa Baird, a fini par démissionner.

En début de semaine, Merritt Paulson, le propriétaire des Portland Thorns, a présenté ses excuses à Mana Shim et Sinead Farrelly en indiquant que la franchise aurait dû être plus transparente au sujet du licenciement de Paul Riley en 2015. En effet, lorsque l’entraîneur a été écarté du club, le public a pensé que c’était en raison des mauvais résultats de l’équipe à cette période. « Nous avions fait une annonce opaque sur une non-reconduction du contrat de Riley au lieu de dire explicitement qu’il était limogé. (…) Je regrette profondément notre rôle dans ce qui est clairement une défaillance systémique dans le football professionnel féminin aux Etats-Unis. (…) Je m’excuse auprès de Mana, Sinead et tous ceux qui ont souffert », a-t-il déclaré dans une lettre ouverte publiée sur le site de la franchise américaine.

Plusieurs enquêtes ouvertes

Suite à ces révélations, la FIFA a annoncé vendredi l’ouverture d’une enquête. « En raison de la gravité et du sérieux des allégations proférées par les joueuses, les organes judiciaires de la FIFA se penchent activement sur la question et ont ouvert une enquête préliminaire », explique l’instance dans un communiqué en indiquant que « toute personne reconnue coupable de mauvaise conduite et d’abus dans le football doit être traduite en justice, sanctionnée et exclue du jeu ». Elle précise également que « dans le cadre de cette enquête, la FIFA contactera les parties respectives, y compris la Fédération américaine et la NWSL, pour obtenir de plus amples informations sur les allégations d’abus soulevées ». 

De son côté, la Fédération de football des Etats-Unis a annoncé dans un communiqué avoir demandé à l’ancienne procureure fédérale Sally Yates « de mener une enquête indépendante sur les allégations de comportements inappropriés et d’agressions sexuelles dans le football professionnel féminin ». Celle-ci bénéficiera d’une « autonomie totale, de tous les accès et ressources nécessaires pour vérifier les faits et trouver des preuves, où qu’elles soient », ajoute l’instance.

Megan Rapinoe et Alex Morgan réagissent

Plusieurs personnalités ont réagi sur les réseaux sociaux après la parution de l’article de The Athletic, notamment Megan Rapinoe qui n’a pas manqué d’exprimer sa colère sur Twitter : « À tous ceux qui sont au pouvoir et qui ont laissé faire, qui ont entendu et rejeté, qui ont autorisé ce monstre à changer d’équipe sans aucune répercussion, allez-vous faire foutre, vous êtes tous des monstres et vous pouvez TOUS donner votre démission immédiatement.»

Alex Morgan a notamment dénoncé la passivité de la NWSL dans cette affaire : « La ligue a été informée à de multiples reprises et a refusé d’enquêter à chaque fois. Elle doit accepter la responsabilité d’un processus qui n’a pas réussi à protéger ses propres joueuses de cet abus. Je suis écœurée. Protégez vos joueuses, faites ce qui est juste ».

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