Les Galloises lors de leur entrée en lice à l’Euro contre les Pays-Bas, le 5 juillet à Lucerne. © Mathias Saoudi
L’Euro 2025 est symbolique à tous les égards pour le Pays de Galles, au carrefour d’événements qui forgent sa jeune histoire de football féminin.
C’est du haut du Yr Wyddfa, ou Mont Snowdon, que la sélectionneuse Rhian Wilkinson a annoncé les 23 noms qui représenteront les Dragons à l’Euro 2025. Point culminant du Pays de Galles, c’est un symbole fidèle de ce que représente cette compétition pour les Galloises : le sommet de leur histoire. Une histoire qui n’a commencé avec la fédération galloise qu’en 1993, année de leur rattachement officiel. L’Euro en Suisse est la première compétition majeure à laquelle participe le Pays de Galles et sa tenue en 2025 marque un double anniversaire pour cette équipe.
Il y a 20 ans, une équipe supprimée
Dans le cadre des qualifications pour l’Euro 2005* organisé chez le voisin anglais, le Pays de Galles est tiré au sort dans un groupe comprenant notamment le Kazakhstan et l’Estonie. Les déplacements étant jugés trop longs et donc trop coûteux pour la fédération, il est décidé de retirer purement et simplement l’équipe féminine de la compétition. C’est la première fois de l’histoire qu’un membre de l’UEFA décide de retirer son équipe d’une campagne de qualification, et cela vaudra à la fédération une amende de 50.000 francs suisses (35.000 euros à l’époque). Pendant 2 ans, entre mars 2004 et mars 2006, la sélection galloise est cantonnée au chômage forcé. Elle ne jouera qu’un match amical non-officiel, contre l’équipe universitaire américaine de Kennesaw State, remporté 1-0. Ces 24 mois sans jouer laisseront des traces pour cette sélection qui chutera à son plus faible classement FIFA à la 57ème place.
Elles retrouveront les terrains le 15 mars 2006, en match amical contre la Suisse. Enfin de retour au jeu, cette défaite 3-2 marque l’histoire de la sélection galloise pour une autre raison : c’est le premier d’une très longue série pour Jess Fishlock. Recordwoman de sélections (162 avant cet Euro) et de buts (47), c’est une légende du football gallois. À 38 ans, l’Euro 2025 sera probablement son premier et son dernier. Son portrait s’est affiché en géant sur un terrain de football à Cardiff juste avant l’Euro, une première pour une joueuse en Europe. Et, pour celle qui a déjà porté la casquette de joueuse-entraîneuse à Melbourne, il est à parier que son avenir avec la sélection galloise ne s’arrêtera pas après son aventure suisse.
Jess Fishlock à la lutte contre deux joueuses néerlandaises. © Mathias Saoudi
Dans dix ans, un nouveau sommet à domicile
Dans dix ans, avec ou sans Jess Fishlock, un autre évènement d’ampleur marquera le Pays de Galles et ses joueuses : Cwpan y Byd Merched FIFA 2035. Pour les non-locuteurs gallois, le Pays de Galles accueillera, en co-organisation avec les autres nations britanniques (Angleterre, Écosse, Irlande du Nord), la Coupe du monde de la FIFA. Seule candidature retenue, il reste encore des points à éclaircir : notamment sur la qualification automatique ou non de ces quatre équipes, ou sur les stades choisis. La plupart des matchs, et sans doute les plus importants, auront probablement lieu sur le sol anglais. L’objectif sera de couronner un succès qui avait commencé à l’Euro 2022, et d’espérer que cela participe au rayonnement des Three Lionesses et de la Women’s Super League, le tout-puissant championnat anglais. De l’autre côté de la frontière, dans un pays sans championnat professionnel, cette compétition sera toute aussi importante malgré la différence d’échelle. Il y a quelques mois, Rhian Wilkinson assurait que le football féminin était au Pays de Galles “culturellement en retard”. Alors l’opportunité d’accueillir le graal que représente la Coupe du Monde à la maison offre autant une pression qu’un boost que peu de nations comparables auraient pu imaginer.
Les Galloises unies après la défaite contre les Pays-Bas et son mur orange de supporters. © Mathias Saoudi
Battues pour leur entrée en lice contre les Pays-Bas, 3-0 samedi à Lucerne, les espoirs de qualification en quarts de finale existent encore. Ils seront conditionnés d’abord à un exploit contre la France, avant un derby britannique contre les Anglaises dimanche à Saint-Gall.
*Le système de qualification de l’époque qui était en vigueur pour l’Euro 2005 plaçait le Pays de Galles dans un “second groupe” selon leur indice UEFA, sans possibilité de se qualifier directement pour la compétition. Ces qualifications permettaient néanmoins d’être promu dans le “premier groupe”, avec les meilleures équipes européennes et donc la possibilité de se qualifier pour les grandes compétitions.
