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Depuis mercredi, tous les regards sont tournés vers la Suisse où a été donné le coup d’envoi de l’Euro 2025. Une visibilité unique pour un pays dont le football est à l’ombre de la pratique dans les autres nations européennes.
Du football aux quatre coins du pays
Bâle au nord-ouest, Zurich et Saint-Gall au nord-est, Berne, Thoune et Lucerne au centre et Genève au sud-ouest, toutes les villes hôtes de l’Euro 2025 hormis Sion sont représentées dans l’élite du football helvète. Composé de 10 clubs, l’AXA Super League utilise un système de playoffs à l’issue de la saison régulière pour déterminer le champion, comme en France et aux Etats-Unis. Le format, des matchs aller et retour, des quarts à la finale, avec les 8 premières équipes de la saison régulière. Contrairement à l’Arkema Première Ligue et la NWSL, les playoffs ne s’arrêtent pas là puisque les deux équipes de la zone rouge bénéficient d’une dernière chance de se sauver en jouant un mini-championnat avec les deux premières équipes de deuxième division.
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En 2025, ce sont les Young Boys de Berne qui ont remporté le titre, un petit événement puisque le dernier titre du club remontait à l’exercice 2010-2011. La capitale n’est en effet pas l’épicentre du football féminin suisse. C’est plutôt la ville la plus peuplée du pays, Zurich, qui tire son épingle du jeu. Le FC Zurich a raflé 12 titres de champion sur les deux dernières décennies. Près de la moitié des joueuses sélectionnées pour l’Euro avec la Nati ont déjà porté les couleurs de l’équipe la plus titrée, faisant d’elle un haut lieu du football helvète.
Deux autres clubs siègent près du lac de Zurich, le Grasshopper Club, deuxième cette saison, et l’équipe de la cité voisine de Rapperswil-Jona, quartier général de la lanterne rouge de première division. A l’extrême sud-ouest du pays, Genève est aussi une importante figure des dernières années grâce au Servette, champion à trois reprises depuis 2020.
Un championnat mineur qui peine en Europe
Géographiquement proche de Lyon, octuple champion d’Europe, la Suisse n’en est pas moins éloignée de ses standards footballistiques. Oscillant entre la 9e et la 18e place du classement UEFA des associations ces 10 dernières années, le pays occupe actuellement la 14e place, derrière l’Autriche, la République Tchèque, l’Ukraine et le Danemark. Cette position lui permet tout de même de compter un représentant en coupe continentale.
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Mais là encore, le parcours s’avère compliqué pour les représentants suisses. Alors que l’Olympique Lyonnais a terminé la saison deuxième du classement UEFA, il faut descendre de plus de trente places pour trouver les premières traces de l’hôte de l’Euro, le Servette et le FC Zurich étant respectivement 34e et 38e. Si la Suisse a eu plusieurs ambassadeurs sur la scène européenne, aucun n’a été capable de se hisser au sommet de l‘Europe. La meilleure performance helvète de la dernière décennie remonte aux saisons 2021-2022 et 2022-2023 quand le Servette et le FC Zurich s’étaient qualifiés en phase de groupe de Ligue des champions. Genève avait vu débarquer le VfL Wolfsburg, la Juventus Turin et Chelsea en terres suisses alors que l’année suivante, Zurich affrontait Arsenal, l’OL et à nouveau Turin. Ces deux expériences ont eu la même issue : une élimination avec autant de défaites que de matchs disputés.
Des joueuses qui s’exportent
Rares sont les Suissesses à fouler les terrains nationaux le week-end. Au total, elles sont seulement 5 joueuses de la liste des 23 à avoir évolué en AXA Super League lors de la saison 2024-2025. De nombreuses cadres de la Nati ont choisi de quitter le pays pour rejoindre les meilleures écuries européennes, l’Allemagne voisine étant leur destination préférentielle (6 joueuses) devant l’Angleterre (3) et l’Italie (3).
Avec plus de 100 sélections au compteur, Ana-Maria Crnogorcevic, Noelle Maritz et Lia Wälti sont toutes exilées depuis plus de 10 ans à l’étranger. Crnogorcevic, désormais à Seattle, a notamment joué pour l’Eintracht Francfort (2011-2018) et le Barça (2019-2023) qui lui ont permis de soulever la Ligue des champions par trois fois. Noelle Maritz et Lia Wälti ont elles posé leurs valises de l’autre côté de la Manche, en Women’s Super League, la seconde ayant aussi été titrée championne d’Europe il y a quelques semaines avec Arsenal.
Et l’exode se répand aussi chez les jeunes promesses. Sydney Schertenleib a quitté son pays natal l’été dernier à 17 ans pour rejoindre les rangs du champion d’Europe barcelonais où elle a disputé 22 matchs officiels. Leila Wandeler, 19 ans, a elle fait moins de chemin pour trouver son nouveau club, et pas des moindres, puisqu’elle s’est engagée en 2023 avec l’Olympique Lyonnais pour finir sa formation.
🚨 𝐒𝐲𝐝𝐧𝐞𝐲 𝐒𝐜𝐡𝐞𝐫𝐭𝐞𝐧𝐥𝐞𝐢𝐛, 𝐧𝐨𝐯𝐚 𝐣𝐮𝐠𝐚𝐝𝐨𝐫𝐚 𝐝𝐞𝐥 𝐁𝐚𝐫𝐜̧𝐚 𝐁
— FC Barcelona Femení (@FCBfemeni) June 25, 2024
Vers un été inoubliable ?
Trônant dans le groupe A, le tirage au sort a offert à la Suisse des adversaires de sa trempe. L’hôte (14e nation européenne au classement FIFA), après avoir concédé une défaite contre la Norvège (10e), affrontera l’Islande (9e) et la Finlande (17e) pour obtenir son ticket pour la phase finale, et ainsi, peut-être, réaliser sa meilleure prestation de la décennie.
Non qualifiée pour les Jeux Olympiques 2016, 2021 et 2024 et pour la Coupe du monde 2019 en France, la Suisse avait terminé première de sa poule en Océanie lors du Mondial 2023, échouant en 8e de finale face à l’Espagne, future vainqueure de la compétition. A l’Euro 2022 en Angleterre et aux Pays-Bas en 2017, les Suissesses n’avaient pas réussi à sortir des groupes. Mais l’élan donné par l’accueil de la compétition pourrait porter la Nati plus loin. Jusqu’à soulever le trophée comme les deux derniers hôtes du tournoi ? Le rêve est permis.
