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Karima Taieb (Manchester City) : “Je me régale en Angleterre”

Par 10/10/2020 11:54 No Comments
Karima Taieb entame sa deuxième saison sous les couleurs des Citizens – ©Manchester City
A quelques heures du choc de la 4e journée de FA WSL entre Chelsea et Manchester City dimanche (11 octobre à 15h30), L’Equipière a discuté avec Karima Taieb (Benameur). Hiérarchie des gardiennes, Équipe de France, développement du championnat anglais… la portière française des Citizens se confie.

Vous avez prolongé de deux saisons avec votre club. Comment vous sentez-vous à Manchester ? 

Je me sens super bien. J’ai été très bien accueillie l’année dernière. Je suis totalement épanouie. 

Vous avez disputé votre premier match cette saison, en quarts de finale de la Coupe d’Angleterre contre Leicester. Quelles ont été vos sensations après une si longue pause sans jouer ? 

J’avais déjà joué deux matches amicaux cet été mais effectivement j’étais impatiente de retrouver le goût de la compétition. C’était un match de Coupe, sur leur terrain, ça n’a pas été facile. Elles ont été très agressives mais c’est intéressant d’être confrontée à ce type d’opposition. J’ai eu de très bonnes sensations. Je trouve que j’ai réalisé une bonne prestation même si quand on prend un but (les Citizens se sont imposées 2-1, ndlr) on n’est jamais très contente en tant que gardienne. Mais bon c’était sur pénalty donc c’est d’autant plus dur, on a une chance sur deux dans ces moments-là.

Vous avez peu joué depuis votre arrivée (3 matches officiels), comment le vivez-vous ?

Aujourd’hui je prends les jours les uns après les autres. Je travaille pour moi et le club. Forcément quand tu fais partie d’une équipe comme City, tu as toujours envie de jouer. On a trois gardiennes de haut niveau alors il faut toujours travailler, être prête à tout moment. Dans mon état d’esprit, j’essaye de faire en sorte d’être meilleure chaque jour. 

Comment se passe la concurrence au poste de gardienne entre Ellie Roebuck, Karen Bardsley et vous ? 

Je suis très contente, cela se passe très bien. C’est important d’avoir de la concurrence, ça implique d’être exigeante avec soi-même et on progresse. On est forcément souvent ensemble car on s’entraîne régulièrement entre gardiennes donc on a des liens plus spéciaux qu’avec les autres joueuses. 

Cette saison, quels sont les objectifs collectifs et individuels ? 

Gagner des titres bien sûr et notamment le championnat. On veut aller le plus loin possible en Ligue des champions. Atteindre la finale serait bien. On a vraiment un bon groupe cette année. D’un point de vue individuel, je travaille pour avoir plus de temps de jeu cette saison et être la meilleure mentalement et physiquement. 

Pensez-vous encore à l’Équipe de France ? 

Je me concentre d’abord sur moi et mes performances. Si je suis rappelée (elle a 5 sélections en Equipe de France A. La dernière remonte au 6 avril 2018, ndlr), je serais très heureuse et je viendrais avec plaisir. Mais honnêtement, je n’y pense pas trop. Je suis concentrée sur City car on a énormément de matches à jouer.

@Manchester City
©Manchester City

L’effectif s’est renforcé avec notamment les arrivées de Samantha Mewis, Rose Lavelle, Lucy Bronze, des joueuses qui font partie du gratin du football mondial. Avez-vous été impressionnée par le mercato du club ? 

Oui. Je suis très contente que le club ait mis les moyens pour atteindre nos objectifs. Leur arrivée est une grande nouvelle. Elles vont nous apporter un plus pour aller le plus loin possible. 

On a aussi vu de nouvelles françaises rejoindre le championnat anglais, tout comme vous l’aviez fait la saison passée. Est-ce la nouvelle mode ?

Je ne dirais pas que cela devient une mode mais les clubs anglais continuent de progresser et concurrencent les autres équipes européennes. Je comprends que les joueuses françaises soient attirées par le championnat anglais. 

Pourquoi est-il si attractif selon vous ?

Chaque week-end on rencontre de très bonnes équipes. On doit être prêtes et concentrées. Il n’y a pas un match plus simple qu’un autre. Oui c’est différent du championnat français. Chaque match est un combat.

Quelles différences faites-vous entre la France et l’Angleterre en termes d’installations, de ferveur des supporters, des moyens mis à disposition, ou de médiatisation ? 

Tous les clubs donnent des moyens à leur équipe féminine. La semaine on travaille dur pour être en forme le week-end et produire du spectacle. C’est vraiment spectaculaire en Angleterre, la différence est là. On a tout pour être au top. Tout est à notre disposition : les terrains, la salle de musculation. On en fait beaucoup d’ailleurs par rapport à ce qui se fait en France. C’est peut-être pour ça que le jeu est plus physique. Concernant la médiatisation, les matches sont retransmis en direct sur les chaînes ou sur l’application gratuite FA Player. Les clubs sont très actifs sur les réseaux sociaux également. En tant que joueuse, on ressent la ferveur du football anglais. C’est presque similaire aux hommes. On a envie de gagner et de faire plaisir aux supporters.

Peut-on aujourd’hui dire qu’il s’agit du meilleur championnat européen, voire mondial ? 

Je ne connais pas les autres championnats donc je ne peux pas répondre. Le championnat anglais est très intéressant. Je me disais déjà l’année dernière qu’il était attractif et cette saison c’est d’autant plus le cas. J’aime beaucoup. Je me régale.

Comprenez-vous le choix de Valérie Gauvin, qui a décidé de rejoindre Everton cet été ?  

Bien sûr. Elles font un très bon début de saison. Et puis c’est toujours super de découvrir autre chose. Je lui ai dit qu’elle allait se régaler. On n’est pas très loin en plus puisque Liverpool et City sont à côté.  On communique avec Valérie et Maéva (Clémaron, elle aussi à Everton, ndlr). On s’envoie des messages, d’autant plus quand on va jouer les unes contre les autres, comme ça sera le cas mercredi soir (Manchester City s’est imposé (3-1) en Coupe face à Everton, ndlr). 

On va assister à un très gros choc dimanche entre les deux meilleures équipes de la précédente édition. Ces affiches face à Chelsea ont-elles une saveur particulière ? 

Oui car c’est une équipe forte avec de très grandes joueuses. C’est effectivement un peu notre bête noire (la saison passée, les Citizens se sont inclinées (1-2) en championnat au match aller, avant d’arracher le nul au match retour (3-3). En août, elles ont perdu en finale du Community Shield (0-2), ndlr). Donc on a une petite revanche à prendre. On commence à être en place. On est montées en puissance progressivement car il a fallu s’imprégner de nouvelles choses : un nouveau manager, nouveau style de jeu, de nouvelles joueuses. On avait besoin d’un temps d’adaptation, surtout après la trêve due au COVID-19. Je ne sais pas si Chelsea aura l’ascendant psychologiquement. On verra dimanche. En tout cas aujourd’hui on a un groupe fort donc tout reste à faire. 

Manchester City a toujours été très proche de Chelsea, mais les Blues conservent toujours une longueur d’avance. Sur quels détails le match va-t-il se jouer ? 

La détermination. Il ne faudra rien lâcher et tout donner. Face à une équipe comme Chelsea, on n’a pas le droit à l’erreur. 

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