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La Coupe du Monde, accélérateur de la pratique féminine ?

Par 22/05/2019 20:00 mai 6th, 2020 No Comments
Signe d’un début de démocratisation de la pratique féminine du football1, en 2016 la barre des 100 000 licenciées à été franchie. Depuis, le nombre de licences délivrées à des filles et à des femmes est en progression constante, restant malgré tout bien en-deçà de la dynamique connue par leurs homologues masculins.

L’effet « champions du monde » ?

Longtemps considéré comme un sport entièrement masculin, le football se féminise progressivement. Certains voient cette évolution positive comme une conséquence directe de la victoire des bleus en juillet dernier. C’est notamment le cas de Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération Française de Football (FFF), qui indiquait en septembre dernier une augmentation de 15% du nombre de licences chez les femmes depuis la Coupe du monde masculine2.

Les efforts de la FFF de valorisation de la pratique féminine ont payé

Non sans reconnaître l’impact positif de la victoire de l’équipe de Didier Deschamps sur le taux de licences féminines, cette évolution peut être replacée dans un contexte plus global en soulignant la forte implication des instances dirigeantes du football en faveur de la féminisation. Promouvoir la pratique féminine fait désormais partie des ambitions de la FFF qui souhaite à terme rééquilibrer la pratique entre les hommes et les femmes. En ce sens, une commission de féminisation a été instaurée, destinée à augmenter le nombre de joueuses mais également la représentation des femmes au sein des instances directionnelles. Son action la plus symbolique a été de présenter une campagne de communication sur internet dans le but de briser les stéréotypes et de recruter davantage de filles et de femmes. Le titre des Bleus en juillet dernier constitue pour sûr une aubaine pour la FFF, mais reconnaissons et soulignons les efforts fournis par cette fédération pour accroître la féminisation de la pratique du football dans l’hexagone.

Quelle réalité de la pratique féminine du football à l’aube de la Coupe du monde féminine ?

Selon un rapport publié par le Ministère en charge des sports, la FFF occupait la 7e place des fédérations les moins féminisées en 2014, avec seulement 5% de féminisation3 et était donc à la traîne malgré des efforts importants. Au 30 juin 2018, d’après les chiffres les plus récents communiqués par la FFF, sur environ 2,2 millions de licenciés, seulement 164 638 étaient des femmes4, ce qui équivaut à un taux de féminisation de 7,6%. Il semblerait que ce chiffre se rapproche aujourd’hui des 180 000 licenciées5. Ainsi, 2,6% de licences féminines supplémentaires ont été délivrées en l’espace de 4 ans.

Quel impact attendre de la Coupe du monde féminine en juin prochain sur la pratique féminine du football ?

« Je pense qu’après la Coupe du monde, on ne sera pas loin des 300.000 licenciées »5. Noël Le Graët, Président de la FFF, présentait ainsi l’objectif de la FFF avant la Coupe du monde organisée en France en juin. Il est clair que cet évènement représente une chance et une opportunité pour étendre et promouvoir le football féminin dans notre pays. Le parcours des Bleues en sera bien sûr un élément déterminant. Au-delà de cela, et pour enlever un poids sur les épaules de nos joueuses, la communication et l’organisation autour de cet évènement s’avèrent cruciales. Plus juin approche, plus il est primordial de communiquer autour de la Coupe du Monde, organisée au sein même de notre pays. S’il est compliqué de s’avancer sur les conséquences qu’elle pourrait avoir en terme de pratique féminine, l’idée de sa contribution à la dynamique actuelle est séduisante.

​De nombreux facteurs imbriqués

Ainsi, il est difficile d’isoler un unique facteur ayant impacté  le taux de licences féminines en France. Un ensemble d’éléments sont davantage responsables de cette évolution positive. Commençant par une volonté farouche de la FFF de promouvoir la pratique féminine, cela passe également par le déroulement d’évènements ponctuels comme les deux coupes du monde organisées sur deux années successives (N-B: U20 en 2018 et A en 2019). N’oublions pas aussi la volonté d’acteurs privés de s’engager dans cette dynamique comme la diffusion par Canal + de la D1 féminine l’illustre parfaitement. Ce qui est certain est que le football féminin intéresse de plus en plus de monde, les billets pour la Coupe du monde 2019 “se vendant comme des petits pains”.
Nul doute que cette évolution continuera dans les années à venir si les efforts sont maintenus et fera, nous l’espérons, du football non plus uniquement le sport délivrant le plus de licences masculines mais le sport délivrant le plus de licences, féminines et masculines confondues.

Sources
1.« Les footballeuses sont désormais 100 000 licenciés en France », Anthony Hernandez, Le Monde, 05 février 2016 –
https://www.lemonde.fr/football/article/2016/02/05/les-footballeuses-sont-desormais-100-000-licenciees-en-france_4860377_1616938.html
2. « Foot féminin : 15% de licenciées en plus depuis le Mondial-2018 », AFP, Le Point Sport, 2018 –
https://www.lepoint.fr/sport/foot-feminin-15-de-licenciees-en-plus-depuis-le-mondial-2018–24-09-2018-2253886_26.php
3. 
« 2014 Les chiffres clés de la féminisation du sport en France », Sports Education Mixités Citoyenneté, Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports, 2016 – http://doc.semc.sports.gouv.fr/documents/Public/ccfs_2014_06042016.pdf
4.« Les chiffres clés », Fédération Française de Football, 30 juin 2018 – https://www.fff.fr/la-fff/organisation/chiffres-cles-fff
5. «Coupe du monde féminine. Noël Le Graët vise la barre des “300 000 licenciées” après le mondial», Ouest France, 26/04/2018 – https://www.ouest-france.fr/sport/coupe-du-monde/coupe-du-monde-feminine-noel-le-graet-vise-la-barre-des-300-000-licenciees-apres-le-mondial-en-6324874