L'Actu

La Iberdrola en grève – “Nous sommes footballeuses 100% du temps”

Par 23/10/2019 19:36 mai 5th, 2020 No Comments
©photo : Anders Henrikson - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jennifer_Hermoso.jpg - unchanged
©photo : Anders Henrikson – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Jennifer_Hermoso.jpg – unchanged

Mardi 22 octobre, les joueuses du championnat espagnol (la Liga Iberdrola) ont déclaré une grève suite aux négociations infructueuses de leurs conditions de travail avec leurs clubs. 

Réunies à Madrid autour du syndicat de joueuses Asociación de Futbolistas Españolas (AFE), près de 200 joueuses de 16 clubs espagnols ont voté pratiquement à l’unanimité (93%) une grève à durée indéterminée pour négocier leurs conditions salariales avec leurs clubs. Au sommet de leurs revendications : des conditions de travail de base en accord avec le droit du travail espagnol. Cette grève – non participation aux entraînements et aux matchs – aurait comme effet direct la suspension du championnat féminin espagnol jusqu’à nouvel ordre.

Des négociations ardues

Des négociations sont en cours depuis plus d’un an entre les joueuses (par l’intermédiaire des syndicats de footballeuses) et l’Association des Club pour déterminer les conditions de travail des sportives. Après 18 réunions entre les deux parties, les négociations se sont enlisées autour du type de contrat dont les sportives seront signataires. En effet, les employeurs proposent des contrats à mi-temps (20 heures hebdomadaires), alors que les joueuses estimentque cela n’est pas suffisant. Comme l’a exprimé la joueuse de Bilbao, Ainoha Tirapu : “Nous sommes footballeuses 100% du temps”. Elles expliquent qu’en dehors des entraînements et des matchs, elles sont aussi à disposition complète de leurs clubs pour des raisons de communications, de marketing, de promotion et autres qui nécessitent beaucoup de temps. Les salaires correspondant à chacun de ces types de contrats sont également fortement débattus.

Face à l’impossibilité de s’accorder à ce sujet, une grève a donc été annoncée pour faire pencher les négociations en leur faveur. Alors qu’elles revendiquent un contrat à temps-plein, elles se disent prêtes à accepter un compromis avec un contrat à 75% (tiers-temps de 30 heures hebdomadaires à 20 000€/an) pour cette saison et un passage à temps-plein l’an prochain. Une demande qui semble encore loin de la proposition de l’Association des Clubs qui varie entre 16 000€ annuels ou 8 000€ à mi-temps/an.

Et maintenant ? 

La grève votée, les deux parties doivent à présent se réunir au plus vite pour trouver un accord. Le syndicat majoritaire (AFE) aura alors 5 jours pour officialiser la grève auprès de l’Association des Clubs et du ministère du travail. La condition directe sera la suspension de nombreux matches de la Liga Iberdrola, championnat féminin espagnol.

Ce conflit surgit à un moment peu propice pour la Fédération Réale Espagnole de Football (RFEF) qui est en pleine renégociation de son contrat avec le diffuseur principal Mediapro. Le groupe audiovisuel détient les droits TV des matchs de 12 des 16 clubs du championnat, mais la RFEF veut également trouver des accords bilatéraux avec certains clubs, remettant en cause le contrat du diffuseur principal. Ce mauvais timing pose ainsi d’autant plus problème à Iberdrola, title sponsor du championnat féminin pour qui les deux conflits représentent des pertes importantes. En conséquence, la RFEF a intérêt à mener à bien ses négociations au plus vite au risque de perdre ses investisseurs principaux (sponsors et diffuseurs), ce qui serait d’autant plus dommageable pour le football féminin espagnol.