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Le jour où … le Dijon FCO est monté pour la première fois de son histoire en D1 !

Par , 21/06/2020 09:00 juillet 5th, 2020 No Comments
Dijon montée 2018
@DFCO
Le 29 avril 2018, au terme d’une saison de D2 maîtrisée, le Dijon FCO s’impose 4-0 à domicile face à Croix de Savoie Ambilly et décroche une montée historique en première division. Une performance sur laquelle ont accepté de revenir Laura Bouillot et Ophélie Cuynet.

En 2006, le Dijon FCO, club alors 100% masculin, décide de se lancer dans le football féminin avec la création du DFCO féminin et de plusieurs équipes jeunes. Alors amateur, le DFCO décide en 2010 d’absorber l’équipe féminine de l’ASC Saint-Apollinaire qui évoluait depuis déjà trois ans en deuxième division, avec comme objectif d’atteindre un jour l’élite du football féminin français.  

Un match à part pour l’histoire

Huit ans plus tard, le 29 avril 2018, après 16 victoires en 19 journées de D2, les Dijonnaises ont une occasion unique d’atteindre leur objectif. Si elles battent Croix de Savoie Ambilly, les joueuses de Yannick Chandioux savent qu’elles débuteront la saison 2018-2019 en D1.

Laura Bouillot, emblématique attaquante du DFCO, aujourd’hui meilleure buteuse de l’histoire du club (77 buts en championnat), s’en souvient : «il y avait de l’excitation avant le match. On savait que si on gagnait, il y allait y avoir une vraie euphorie à la fin». Motivées par l’optique de décrocher leur place dans l’élite, Laura Bouillot et ses coéquipières ne tremblent pas et s’imposent largement (4-0) devant un stade des Poussots plein pour l’occasion. De la fête de la montée, la buteuse retient surtout «la communion entre l’équipe et les supporters».

Sa coéquipière, Ophélie Cuynet, défenseure, confie justement «ne jamais avoir vu une ambiance pareil, il y avait même les supporters ultras des garçons. On avait chanté, dansé, on était restées assez longtemps sur le terrain». Pour ce match historique, les fameux ultras, les Lingon’s Boys, n’avaient d’ailleurs pas lésiné sur les moyens. «C’était rare de les voir, même s’ils étaient venus une ou deux fois dans la saison, mais là ils avaient des fumigènes, c’était exceptionnel» se rappelle celle qui vient de rempiler pour une neuvième saison sous la tunique rouge du DFCO.

Ophélie Cuynet
@Vincent POYER DFCO

Une saison taille patron(nes)

Mais cette montée n’était pas le fruit d’une seule rencontre réussie devant les supporters. Les deux années auparavant, les Bourguignonnes avait déjà approché ce rêve de montée. En 2016, elles avaient terminé deuxième de leur poule C, assez loin derrière le solide leader marseillais. L’année suivante, la troupe entraînée par Sandrine Mathivet avait loupé la montée d’un cheveux (ndlr : un point d’écart entre le Val d’Orge -ancêtre du Fleury 91- et Dijon). Pour Ophélie Cuynet, la joie procurée par la montée à l’été 2018 en était d’autant plus grande : « L’émotion avait été décuplée, c’était le travail de plusieurs saisons, pas d’une seule » se rappelle la défenseure. Si pour Laura Bouillot, chaque montée a « une saveur particulière », le travail accompli depuis plusieurs saisons a aussi permis cette accession à la D1. « Ça faisait trois ans que l’on avait cet objectif et à chaque fois on a travaillé dur et ça a payé » confie la jeune retraitée du football professionnel.

Laura Bouillot
@Mayline Linard DFCO

Outre le niveau sportif de l’équipe, les deux joueuses s’accordent sur l’importance de la cohésion d’équipe dans les bons résultats. « On avait un groupe de malade, on s’entendait super bien. On avait toutes cet esprit club et les mêmes ambitions » assure Ophélie Cuynet. Sa coéquipière renchérit : « On se battait les unes pour les autres, notre force était l’entente qu’il y avait et la vraie envie d’aller au bout » confirme Laura Bouillot. 

De l’ambition pour l’avenir

Une fois en D1, le groupe de Yannick Chandioux a découvert un autre monde et a vite dû se mettre au diapason. Ophélie Cuynet admet qu’il y a «un vrai fossé entre la D1 et la D2». De son propre aveu, le DFCO «était tranquille en D2» mais dans l’élite les Chouettes ont «tout de suite vu la différence et il a fallu s’acclimater». Si la différence de niveau entre l’élite et son antichambre est réelle, les Bourguignonnes ont dès leur première saison su se montrer à la hauteur, notamment grâce au recrutement de plusieurs joueuses d’expériences telles que Kenza Dali ou Elise Bussaglia. 

Pour sa première saison dans l’élite, Dijon termine ainsi à une honorable et inattendue huitième place. Cette année, bis repetita, le club de la capitale des Ducs décroche son maintien en concluant un exercice tronquée par la Covid-19 au neuvième rang. De quoi espérer mieux ? Même si elle a décidé de quitter le DFCO parce que «ça devenait compliqué de gérer le foot et le travail», Laura Bouillot espère justement que «le DFCO va s’ancrer vraiment dans le football professionnel féminin et que les joueuses vont continuer de venir à Dijon afin de faire grandir le club pour ne serait-ce que l’année prochaine ou dans deux ans jouer des choses qui sont plus intéressantes que le maintien». 

A en croire Ophélie Cuynet, il n’est pas impossible de voir le DFCO jouer les trouble-fête en haut de tableau dès l’an prochain. «Ça fait deux saison qu’on se maintient, on sait qu’on n’a pas une énorme marge mais on se maintient quand même et on n’a pas été beaucoup inquiétées» explique la jeune défenseure. Quoiqu’il en soit au terme de deux saisons abouties dans l’élite, les Chouettes comptent bien continuer de voler et s’installer durablement en D1 Arkema.

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