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Léa Le Garrec (FC Fleury 91) : « Je pars du principe que l’on va travailler et j’espère que l’on pourra être la surprise cette saison »

Par 05/09/2020 09:00 One Comment
Léa Le Garrec Fleury
La nouvelle milieu de terrain de Fleury, Léa Le Garrec – ©Michel Foucault
Partie à la découverte du championnat anglais avec Brighton l’an passé, l’internationale tricolore Léa Le Garrec a finalement décidé de revenir en France. Séduite par le projet du FC Fleury 91, elle s’est confiée à l’Équipière à l’approche de la reprise.

« Léa, après une saison en Angleterre, vous avez décidé de rentrer en France. Comment se sont déroulées les premières semaines ? Vous n’arrivez pas en terre inconnue puisque vous connaissez plusieurs joueuses du groupe…

Exactement, déjà je connaissais l’entraîneur depuis quelques années. Quand il était à Metz, il voulait déjà me recruter. Il y a aussi beaucoup de joueuses à Fleury qui étaient avec moi à Clairefontaine, en Equipe de France, dont Marina Makanza et Laëtitia Philippe avec qui on a été championnes d’Europe U19. Beaucoup de joueuses étrangères sont arrivées, mais ça s’est très bien passé. Mon expérience en Angleterre m’a permis d’apprendre l’anglais. Je suis très contente d’être dans ce groupe.

Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir en France ?

 En janvier, j’étais prête à rester à Brighton, mais après il s’est passé pas mal de choses. Depuis février, j’étais en contact avec Fleury, je ne savais pas trop ensuite le Covid est arrivé. En 2012, je suis partie toute seule en Bretagne donc ça fait des années que j’ai quitté le cocon familial. Ça s’est bien passé en Angleterre, mais Fleury et le coach m’ont montré qu’ils voulaient vraiment que je vienne. Forcément quand l’entraîneur et le club te veulent, ça joue. Brighton voulait me garder, mais ils n’ont pas fait ce qu’il fallait pour me conserver. Au moins je serai sur Paris, proche de ma famille et de Canal + (ndlr : elle intervient régulièrement comme consultante).

« Sincèrement, je suis revenu en France aujourd’hui, mais rien ne m’empêche encore de retourner à l’étranger, en Angleterre ou ailleurs, d’ici quelques années »

Quel bilan tirez-vous de cette année outre-Manche ?

Très positif. Aujourd’hui je parle anglais, ce que j’étais incapable de faire avant. Il n’y avait aucune française dans le groupe, donc je n’avais pas le choix pour communiquer. Sachant qu’en Angleterre, ils ne sont pas comme en France. Nous les étrangères on leur parle en anglais pour qu’elles comprennent les exercices, là-bas ils n’ont pas cherché une seule fois à parler français avec moi. J’ai aussi progressé physiquement. C’était beaucoup moins de football aux entraînements, on faisait beaucoup plus de tactique et de musculation. C’est ce qui me manquait aussi, j’avais besoin de retrouver ça en France. Mais, je ne regrette rien car Brighton est vraiment une super ville.

Qu’elles étaient vos conditions d’entraînement à Brighton par rapport à ce que vous avez connu en France ?

C’était vraiment le haut niveau, avec les mêmes installations que les hommes. On avait le petit-déjeuner compris tous les matins et après l’entraînement on déjeunait toutes ensemble. En fait, il y a un restaurant payé par le club pour tous les salariés et les joueuses. On commençait à 8h le matin et on finissait à 16h, donc c’était vraiment des journées complètes de travail. C’est une autre culture, j’ai appris plein de choses et j’ai bien aimé la vie anglaise. Maintenant, prendre son dîner à 17h30 c’est assez particulier (rires). Sincèrement, je suis revenu en France aujourd’hui, mais rien ne m’empêche encore de retourner à l’étranger, en Angleterre ou ailleurs, d’ici quelques années.

Comment jugez-vous le niveau de la FA WSL par rapport à la D1 ?

C’était la deuxième année de Brighton en première division, avec un staff typiquement anglais vraiment axé sur l’aspect physique. Par contre, des équipes comme Manchester City, Chelsea et Arsenal jouaient très bien au football. Toi à Brighton, tu joues ton maintien, avec des joueuses qui n’avaient jamais joué en Premier League, donc forcément ça se faisait ressentir. On a quand même réussi à accrocher Chelsea en championnat et à gagner contre Arsenal en Coupe aux penalties. C’était vraiment au mental parce que le groupe était soudé et ne lâchait jamais rien.

« Tous les ans ça progresse, au début c’est le maintien, maintenant le but est de faire toujours mieux que la saison dernière et d’accrocher les grosses équipes »

A 27 ans vous découvrez votre huitième club. Comment expliquez-vous ces multiples changements de clubs ?

(Elle rit). Dans la vie vous savez il y a des choix qui ne dépendent pas du football. J’ai toujours fait passer mes études avant le foot, et je choisissais mes clubs en fonction de là où je trouvais une école ou une entreprise. J’ai été formée à Clairefontaine, j’ai joué au Paris Saint-Germain, à Guingamp, à Saint-Malo, à Brighton alors que certaines filles sont prêtées tous les six mois.

Fleury a souvent terminé en milieu de tableau. Quel est l’objectif cette saison ?

Fleury a racheté le Val d’Orge si mes souvenirs sont bons, et ça fait quatre ans que le club est en D1 féminine. Tous les ans ça progresse, au début c’est le maintien, maintenant le but est de faire toujours mieux que la saison dernière et d’accrocher les grosses équipes. Je pars du principe que l’on va travailler et j’espère que l’on pourra être la surprise cette saison.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le FCF 91 ?

Je suis tombé sur un président qui aime sa section féminine, ce qui est très rare. Je connais des clubs en D1 qui ne donnent aucun moyen pour leur section. Certains clubs professionnels chez les garçons ont pour leur équipe féminine la moitié du budget de Fleury. On vient me dire que Fleury est un club amateur, mais quand un club professionnel mettra autant de moyens que Fleury, alors on pourra dire qu’il est vraiment professionnel.

Habituée des équipes de France jeunes, vous ne comptez que 4 sélections en A, et votre dernière sélection remonte à 2018.  Retrouver les Bleues, c’est un objectif ?

 Sincèrement, l’expérience en Angleterre m’a permis d’apprendre pleins de choses sur moi et je ne me prends pas la tête. Si collectivement on a une bonne équipe et que l’on est dans le top 5, les sélections viendront toutes seules pour toutes les filles de l’équipe. Il n’y a pas d’échéance à court-terme avec l’Équipe de France, puisque l’Euro a été décalé dans deux ans. D’ici là il peut se passer tellement de choses que je préfère ne pas être sélectionnée pendant deux ans et disputer l’Euro. Moi j’ai fait l’inverse. J’ai été sélectionnée au départ mais je n’ai pas fait la Coupe du Monde. Je ne vais pas contacter la sélectionneure, c’est à moi d’être performante tous les week-ends et ça viendra tout seul.

Léa Le Garrec
©Victoria Lapauze

« On a besoin de ce soutien là et d’être reconnues. C’est à nous aussi de montrer du beau spectacle, et les gens viendront »

Ce sera votre neuvième saison dans l’élite, vous serez donc une des joueuses les plus expérimentées du club. Est-ce aussi pour cette expérience que David Fanzel a fait appel vous ?

 Bien sûr ! Sur le palmarès effectivement, je suis l’une des plus expérimentées. J’ai 27 ans, normalement c’est à cet âge que tu commences à faire tes plus belles saisons, donc on verra.

Vous ferez donc partie des cadres floriacumoises ?

Oui je pense.

Pour finir, un mot pour les supporters du FCF91 ?

J’ai entendu dire qu’on avait pas mal de supporters. Je sais aussi que pas mal de personnes vont venir parce que ça leur fait plaisir que je revienne dans le coin. Je souhaite surtout qu’il y ait beaucoup de monde comme lors de la Coupe du Monde, car le football féminin, ce n’est pas juste l’Équipe de France. On a la chance aussi que ce soit diffusé sur Canal +, donc il faut s’abonner. On a besoin de ce soutien là et d’être reconnues. C’est à nous aussi de montrer du beau spectacle, et les gens viendront. »