D1 ArkemaL'Actu

Les coachs de D1 évoquent une éventuelle reprise

Par 24/04/2020 10:00 février 22nd, 2021 No Comments
Cette semaine, l’Équipière donne la parole aux coachs de l’élite. Cinq d’entre eux donnent leur opinion en vue d’une possible reprise du championnat.

Un avis sur la reprise de la D1?  ​

Sandrine Soubeyrand (entraîneure – Paris FC): 

« Je ne sais pas comment on peut envisager une reprise, même s’il y a un suivi sur la préparation athlétique, c’est compliqué de dire qu’à partir du 11 mai on pourrait retourner à l’entraînement. On parle des joueuses mais pour qu’il y ait des entraînements, il faut aussi des encadrants.

Si on ne veut pas impacter la saison suivante, il faudrait s’arrêter assez tôt pour qu’elles aient des vraies vacances. Si on partait sur un mois de préparation, on commencerait le 11 juin et on enchaînerait sur les six matchs en semaine. Mais si on réduit le temps de récupération entre chaque match, on augmente le risque de blessure, Si on nous oblige à reprendre, on s’organisera et on s’adaptera. Reprendre cette saison pour moi, ça n’aurait pas trop de sens. À partir du moment où on ne garantit pas l’intégrité physique et où on ne met pas au centre la santé de tous les acteurs, je ne vois pas l’intérêt. »

Coach Soubeyrand
©Inès Roy-Lewanowicz

Frédéric Biancalani (entraîneur – Guingamp)

« On ne sait pas si elle aura lieu et quand elle aura lieu. C’est très compliqué dans la gestion sur le plan athlétique, sur le plan physiologique et mental. Il y a pleins de choses, on essaye de s’adapter en fonction des consignes qu’on a de la part du gouvernement et de la fédé. Aujourd’hui, on n’est pas plus avancés que la semaine dernière, chaque jour vaut sa peine.
J’espère qu’on jouera à nouveau vite, parce que c’est très long mais il faudra qu’on soit dans un maximum de sécurité par rapport à la santé des joueuses »

Sébastien Joseph (entraîneur – Soyaux)

« Personnellement je n’y crois pas. Si elle devait avoir lieu, j’estime qu’à l’instant T les conditions ne sont pas réunies pour pouvoir reprendre. Pour moi aujourd’hui, ça soulève trop d’interrogations, trop de difficultés à la fois logistiques et techniques. Et quand je vois tout l’impact sur la saison prochaine qu’il y aurait si on devait reprendre, ce serait beaucoup de problématiques engendrées pour le peu de retours positifs qu’il y aurait par rapport à cette fin de saison. Entre les deux premiers du championnat, même si ça peut être serré entre Paris et Bordeaux, et les deux derniers, il n’y a pas beaucoup d’enjeux. Je ne vois pas trop le gain de vouloir jouer cette fin de saison. »

David Fanzel (entraîneur – Fleury)

« Les filles ont envie de reprendre mais leur priorité c’est leur santé, ce qui est normal. Elles ont aussi besoin de ce lien social, de s’entraîner de nouveau, il y a un manque au quotidien d’être enfermées, alors qu’elles sont tout le temps dehors à s’entraîner. Elles veulent reprendre à condition qu’il y ait les conditions sanitaires. Je pense que ce sera difficile de reprendre les entraînements collectifs tout de suite en mai, j’imagine qu’on pourrait penser à reprendre par groupe de quelques joueuses, c’est une supposition. »

David Fanzel

Yannick Chandioux (entraîneur – Dijon)

Ce qui ressort de manière générale chez les coachs de D1, c’est l’envie, la volonté de reprendre. C’est notre métier, notre passion. Mais au niveau logistique et sanitaire, tout doit être réuni. On n’est pas à l’abri, d’un déconfinement différent dans chaque région… Les hôtels et restaurants qui permettent les déplacements seront sûrement fermés en juin, les contrats se terminent le 30 juin.. On n’a aucune réponse sur ces problématiques. Il faut aussi une équité sportive et là-dessus, il y a une forme de solidarité entre les entraîneurs. Moi j’étais très optimiste au début, je pensais que ça n’allait pas durer longtemps, qu’on allait reprendre et pouvoir trouver huit dates avec la Coupe de France (ndlr : demi-finales, finale) et le championnat (ndlr : six journées). Plus on avance et plus ça devient compliqué. Surtout, qu’on peut mettre en danger le début de la saison prochaine…

Le temps de préparation athlétique et collective nécessaire à un retour à la compétition

Sandrine Soubeyrand : 

« J’aurais tendance à vous dire deux mois. Quand quelqu’un se blesse on dit qu’il faut autant de temps pour qu’il retrouve son niveau. Les préparations estivales durent six semaines et au bout de six semaines on n’est pas forcément prêts. Même si les joueuses ont des programmes, entre faire des séances d’une heure voire un peu plus avec du renforcement et du développement athlétique et toucher le ballon, faire des oppositions, ce n’est pas la même chose. Je n’imagine pas moins de quatre semaines de préparation. »

Frédéric Biancalani : 

« Trois semaines ça serait le strict minimum, maintenant on s’adaptera, on sera tous logés à la même enseigne, il faudra être le plus vigilants possible et s’adapter. Si on les laissait quatre mois à l’arrêt, ça demanderait de les remettre dans une forme minimale et puis dans quel état psychologique on retrouvera les joueuses?…»

Frédéric Biancalani Guingamp
@EA Guingamp

Sébastien Joseph : 

« Normalement c’est une semaine par semaine d’arrêt. Je pense qu’à minima il faudrait quatre semaines d’entraînement pour reprendre la compétitioncar je considère qu’elles ne sont pas à l’arrêt complet en ce moment. Si on peut reprendre courant mai avec les entraînements collectifs ou même des matchs amicaux, pourquoi pas. Mais si ce n’est pas possible, je pense plutôt qu’on se dirigerait vers une reprise début juillet avec une plus grande préparation avec des semaines de coupure pour ne pas engendrer de problèmes physiques. »

David Fanzel : 

« Avec le préparateur physique, on anticipe le programme en fonction du 11 mai, on le corrige quotidiennement en fonction du ressenti des filles. Entre travailler en salle et dehors, tout est différent, il faudra penser à une reprise en douceur, avec beaucoup de prévention. »

Yannick Chandioux
@Vincent Poyer DFCO

Yannick Chandioux 

« Mon avis est simple. On peut positionner une date de reprise du championnat de la saison, dès lors que le dernier club qui aura repris l’entraînement aura eu trois à quatre semaines d’entraînement. Pour moi, c’est la problématique ! Rien ne garantit que tout le monde pourra reprendre en même temps. À deux ou trois jours près, tout le monde reprend vers le 15 juillet par rapport à une reprise du championnat fin août. Ce n’est pas un hasard, c’est une question d’équité sportive. »

Le rôle des entraîneurs dans la décision 

Sandrine Soubeyrand : 

« A mon sens, ce ne sont pas les entraîneurs qui doivent décider, c’est le corps médical, c’est une pandémie. En toute humilité, je suis juste entraîneuse de football. Je n’ai pas certaines connaissances de ce que pourrait entraîner une reprise du championnat, sur le plan sanitaire en tous cas. »

Sébastien Joseph : 

« Notre avis en tant que coach n’est que consultatif, on n’a pas de pouvoir décisionnaire. »

Yannick  Chandioux : 

« Notre avis est consultatif. J’ai le sentiment que c’est l’UEFA qui guide les choses, qui impose les décisions. Il y a aussi cette recherche d’égalité entre les  hommes et les femmes entre la Division 1 et la Ligue 1. Je pense que c’est l’UEFA qui pose ses règles vis à vis de la Fédération et après la Fédération pose ses règles vis à vis des clubs. On est juste des coachs dans les clubs. Les coachs et les présidents sont à peu près d’accord, on sera écoutés, mais est-ce que ça changera vraiment la portée la décision ? »

Leave a Reply