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Les tops et les flops de la Coupe du Monde

Par 18/07/2019 10:45 mai 6th, 2020 No Comments
Coupe du Monde au Havre, ©photo : Inès Roy-Lewanowicz
©photo : Inès Roy-Lewanowicz
La Coupe du Monde de la FIFA tout juste achevée, l’heure est au bilan sportif. Quels ont été les tops et les flops de cette 8ème édition du tournoi mondial ?

Les tops :

Megan Rapinoe : meilleure joueuse et meilleure buteuse de cette huitième édition, la joueuse du Seattle Reign FC a été l’élément clé des Etats-Unis en phase couperet. A 34 ans, avec 5 buts inscrits à partir des huitièmes de finales, « Pinoe » a permis aux Stars and Stripes d’accrocher une quatrième étoile à leur maillot (après 1991, 1999, et 2015). Elle a fait fureur auprès du public avec son engagement pour l’égalité des payes des joueuses et des joueurs et la défense des droits LGBT face à la politique de Donald Trump.

Kadidiatou Diani : la meilleure passeuse du championnat de France a été une des rares éclaircies dans la tourmente tricolore. Décomplexée, percutante, active dans la récupération du ballon, la native d’Ivry-Sur-Seine, unanimement saluée par les observateurs pour sa deuxième compétition mondiale, a été la Française la plus en vue.

Sofia Jakobsson : à 29 ans, l’ailière du Montpellier HSC a fait partie de l’animation offensive tonitruante de l’équipe de Suède, particulièrement séduisante dans le jeu. Vive et dynamique, accompagnée de Stina Blackstenius et de Kosovare Asllani, elle terminera sur le podium avec ses compatriotes.

Ellen White : systématiquement buteuse avec les Three Lionnesses, l’attaquante de 30 ans a marqué la compétition de son empreinte. Auteure de six buts, la nouvelle pensionnaire de Manchester City aura porté son équipe tout au long du tournoi.

Les gardiennes de but : souvent décriées et considérées comme les maillons faibles du football féminin, les portières se sont particulièrement illustrées dans ce 8ème tournoi mondial. Hedvig Lindahl (Suède), Cristiane Endler (Chili), Sari van Veenendaal (Pays-Bas), entre autres, ont démontré que leur niveau était bien supérieur aux idées reçues.

Le public au rendez-vous : il s’agit certainement de la plus grande réussite de ce mondial. Que ce soit dans les stades lors des nombreux matchs à guichets fermés ou devant leur télé,  le public a répondu présent et a fait taire les sceptiques. En France, plus de 10 millions téléspectateurs en moyenne sur TF1 pour les matchs de l’équipe de France, en Angleterre 11,7 millions de téléspectateurs ont regardé la demi-finale entre l’Angleterre et les Etats-Unis sur BBC et en Italie environ 3 millions de téléspectateurs en moyenne regardaient les matchs de la Squadra Azzurra sur Raï. Que de records !

Les flops : 

La VAR : si l’assistance arbitrage par vidéo a fait sa première apparition en compétition officielle chez les féminines, son usage a parfois laissé à désirer. Tantôt visionnée, tantôt omise, l’usage sélectif de la VAR a cristallisé les interrogations et les frustrations des  spectateurs.

Le Japon : les vice-championnes de 2015, double finalistes de la Coupe du Monde 2015, ont  manqué leur rendez-vous. Une nouvelle fois considérée comme un prétendant au titre, la Nadeshiko, tenue en échec par l’Argentine lors de leur première rencontre, n’a pas réussi à suffisamment hisser son niveau pour espérer dépasser les huitièmes de finale.

Eugénie Le Sommer : très souvent positionnée sur l’aile par Corinne Diacre, l’attaquante française a vécu une Coupe du Monde compliquée. Après avoir inscrit un but lors du match d’ouverture, l’attaquante de l’Olympique Lyonnais, qui revenait de blessure, est restée muette, sans véritablement peser sur le jeu tricolore.

La défense de l’équipe de France : habituellement considérée comme le point fort des Bleues, l’ensemble de la défense française a failli lors de cette compétition à domicile. Marion Torrent souvent dépassée, Wendie Renard et Griedge M’Bock parfois coupables d’un placement hasardeux, l’arrière garde tricolore n’a pas été exempt de tout reproche, notamment sur les deux buts de Rapinoe en quarts de finale. La quasi-absence de rotation a sans doute eu une incidence sur la forme des joueuses de Corinne Diacre.

Les choix de Diacre : en écartant de la liste Marie-Antoinette Katoto, meilleure buteuse de la D1 féminine, pour titulariser à la pointe de l’attaque Valérie Gauvin, Corinne Diacre avait fait un choix fort. Ce choix s’est avéré peu payant, la montpelliéraine pêchant dans le dernier geste, malgré deux réalisations. Au delà de ce choix, le mutisme de la sélectionneure et le faible turnover ont surpris les observateurs. Amel Majri revenait de blessure a pourtant été alignée à chaque rencontre, alors même que sa remplaçante Sakina Karchaoui avait donné satisfaction lors des matchs de préparation. De même, l’attaque française a souvent manqué de vitesse et d’un peu de folie, ce que Delphine Cascarino aurait pu amener, notamment lors du quart de finale contre les Etats-Unis, où Diacre a attendu le dernier quart d’heure pour la faire rentrer, en dépit du score défavorable.

Auteurs : Marie Diémé & Léo Quester