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Les tops-flops de Autriche-France : Karchaoui très en vue, l’animation offensive en manque d’inspiration

Karchaoui Bleues
©Manu Cahu
Tenues en échec (0-0) par l’Autriche, les Bleues devront batailler le 27 novembre face au même adversaire pour espérer décrocher la tête du groupe G de ces éliminatoires à l’Euro 2022. Ce mardi, les Bleues ont dominé de bout en bout sans parvenir à concrétiser leur supériorité. Les tops-flops de l’Équipière.

LES TOPS

Eugénie Le Sommer (milieu de terrain) : Si sa première titularisation au milieu de terrain face à la Serbie le 18 septembre dernier avait laissé planer quelques doutes, la capitaine s’est depuis très bien accoutumée à ce poste. Dans un registre offensif aux côtés de Geyoro et Bilbault, la Lyonnaise a beaucoup fluidifié le jeu français, jouant simple et juste techniquement. Par son pressing, elle a également récupéré beaucoup de ballons en utilisant à chaque fois son explosivité pour se projeter rapidement vers l’avant. Il faut également mentionner sa capacité à jouer de son gabarit pour protéger le ballon, ce qui a permis à la France d’obtenir plusieurs coups-francs dangereux. Elle aurait mérité d’ouvrir le score en fin de partie mais sa frappe fut contrée au dernier moment (83e).

Sakina Karchaoui (latérale gauche) : Elle a livré une prestation de très grande classe mardi soir face aux Autrichiennes. Très haute dans son couloir, Karchaoui a touché un nombre impressionnant de ballons, harcelant Wienroither et provoquant balle au pied comme à son habitude. Ce n’est donc pas un hasard si le jeu français a largement penché à gauche. Ses centres, dans le jeu comme sur coups de pied arrêtés, ont souvent été justes. Elle aurait d’ailleurs pu délivrer plusieurs passes décisives si les joueuses à la réception en avaient fait un meilleur usage.

La prestation des gardiennes : Pauline Peyraud-Magnin et Manuela Zinsberger ne sont pas étrangères à ce score vierge entre la France et l’Autriche. A travers leurs différents arrêts, les deux gardiennes, anciennes coéquipières à Arsenal, ont démontré qu’elles étaient des joueuses de classe internationale. La portière autrichienne a su de suite se mettre dans le bain en sortant un premier coup de tête de Tounkara, puis un second. Toujours aussi vivace dans les derniers instants, elle a capté le dernier ballon des Bleues avant d’exploser de joie au coup de sifflet final. De l’autre côté, ce match face à l’Autriche était un premier test grandeur nature pour Pauline Peyraud-Magnin, désormais gardienne numéro 1 après le retrait en sélection de Sarah Bouhaddi. Et la gardienne de l’Atlético s’est montrée intraitable dans toutes ses tâches, se déployant sur la tête de Wenninger, puis claquant la frappe de Billa au-dessus de la barre transversale, avant d’anticiper dans les pieds de Wienroither.

LES FLOPS

Marion Torrent : À l’inverse de son ancienne coéquipière en club, Sakina Karchaoui, la Montpelliéraine a été clairement en dedans hier soir. Fébrile défensivement, elle s’est ainsi trop facilement laissée enrhumer par la roulette de Dunst en première mi-temps. Offensivement, ces centres ont manqué de précision, à l’image de celui directement envoyé sur Geyoro peu avant sa sortie. Signe de sa terne prestation, Corinne Diacre a décidé de la remplacer à l’heure de jeu par sa partenaire en club, Elisa De Almeida, très en vue lors du carton français face à la Macédoine (11-0). Attention, les cartes au poste de latérale droit pourraient vite être rebattues… Eve Périsset, positive à la Covid-19 et forfait pour ce rassemblement, pourrait avoir sa carte à jouer en novembre.

L’animation offensive française

Dans un rôle de milieu de terrain électron libre, Eugénie Le Sommer a bien distribué le jeu ce mardi contre l’Autriche. Un coup à droite, un coup à gauche, elle a alterné jeu long et jeu court à merveille (voir ci-dessus). Mais c’est devant, dans les vingt derniers mètres que les Bleues ont pêché. Le fameux dernier geste. 

La soirée aurait pu être bien différente si dès l’entame, Viviane Asseyi était parvenue à ouvrir le score après son joli crochet sur Carina Wenninger. Mais sa frappe a frôlé le cadre (3e). À l’image de ce ciseau acrobatique passé à quelques centimètres du poteau gauche (22e), l’attaquante du Bayern aura apporté une touche de créativité dans une animation offensive française bien terne, en manque total d’inspiration. 

Outre les deux coups de casque d’Aissatou Tounkara (13e, 40e) et le missile contré de Le Sommer (83e), les Bleues ont peiné à se créer des occasions franches. Domination stérile, situations en pagaille, des centres, des coups de pied arrêtés, mais rien de plus. La faute à un duo Kadidiatou Diani – Valérie Gauvin qui n’a pas su tirer son épingle du jeu. La demi-heure passée sur la pelouse par Delphine Cascarino n’a pas été franchement meilleure. Lors de son entrée en jeu (75e), Amel Majri, elle, a semblé être en mesure d’apporter un vrai plus, grâce à ses qualités techniques, en témoigne son magnifique coup du sombrero dans la surface autrichienne (85e). Une entrée bien tardive… Comme celle de Marie-Antoinette Katoto (85e), dernière cartouche de Corinne Diacre. Après en avoir passé onze à la Macédoine, les attaquantes tricolores seront restées muettes face à l’Autriche.

l’Autriche, un bloc bas et puis c’est tout. 

Coup de sifflet final. Les joueuses de Irene Fuhrmann, célèbrent leur match nul contre les Françaises comme une victoire. Des cris de joie et une hystérie collective qui peuvent sembler démesurés au vu du niveau actuel des deux équipes.

Si les Bleues se devaient d’assumer la maîtrise du jeu, de par leur statut de favorites, les Autrichiennes avaient certainement le talent pour montrer un meilleur visage. Les quelques centaines de supporters venus garnir les tribunes peuvent être déçus. Outre le bon point acquis contre Wendie Renard et ses coéquipières, leur équipe n’a pas montré grand-chose dans le jeu, si ce n’est de belles valeurs de solidarité et de cohésion dans les tâches défensives. Il y a eu aussi quelques sorties de balles intéressantes, mais c’était trop peu.

22e au classement FIFA et demi-finaliste du dernier Euro, l’Autriche est pourtant une nation qui compte dans le football féminin. Contre les Bleues, les joueuses se sont contentées de défendre, avec un bloc bas et regroupé et beaucoup d’agressivité, comme attendu.  Les joueuses expérimentées comme Carina Wenniger (Bayern) ou Viktoria Schnaderbeck (Arsenal) ont d’ailleurs parfaitement joué le coup. Les Tricolores sont prévenues, le 27 novembre à Guingamp pour le match retour, elles devront trouver les solutions face à une équipe qui sera encore là pour déjouer.