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L’excès d’engagement et d’intensité des Parisiennes décrypté

Par 27/08/2020 12:11 No Comments
Geyoro
La milieu de terrain Grace Geyoro a été expulsée en demi-finale de UWCL – ©Ines Roy-Lewanowicz / L’Équipière
Valeureuses et déterminées, les coéquipières d’Irene Paredes ont mis toute leur énergie dans la partie. Mais le pressing et l’engagement ont souvent laissé place à des fautes à répétition. Et le PSG s’est fait prendre à son propre jeu. Zoom.

Les consignes semblaient claires : opérer un pressing haut sur le terrain et remporter la bataille physique. D’entrée, les Parisiennes ont confirmé leur bonne forme aperçue lors du quart de finale contre Arsenal. Le début de match était même dominé par des joueuses de la capitale imposantes dans les duels et présentes sur tous les ballons. Les vice-championnes de France semblaient plus fringantes, plus explosives que leurs adversaires du soir, bien que les occasions de but ne se soient pas présentées sur ce premier quart d’heure.

Mais très vite, l’engagement a laissé place à un excès d’agressivité, à des fautes et aux cartons jaunes qui vont avec. Nadim a été la première avertie pour une grossière faute sur Karchaoui (18e). Geyoro, auteure d’une excellente première période était elle aussi sanctionnée -sévèrement- suite à un contact sur Kumagai. Nadim et Geyoro n’étaient pas les seules Parisiennes à forcer l’arbitre russe de la rencontre à intervenir. Bachmann -souvent en retard- a, elle aussi, commis des fautes à répétition pendant la première demi-heure. La Suissesse aurait donc pu être victime d’une Mme Pustovoitova qui avait décidé de vite dégainer les cartons. 

Comme l’illustrent ces statistiques de NWSL Analitica, les fautes commises par les Parisiennes l’ont souvent été dans le camp lyonnais. Elles ne donnaient donc pas de cartouches directes sur coup franc aux Rhodaniennes. Cela démontrait en tous cas l’ambition des joueuses d’Echouafni de venir chercher le ballon très haut dans le camp des Fenottes. 

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27 fautes et une expulsion

La tactique du PSG aurait pu s’avérer payante si Geyoro n’avait pas laissé sa jambe en opposition pour stopper Bronze, à trente mètres de la cage d’Endler. Un geste aux conséquences terribles pour le club de la capitale. Deuxième jaune pour la Tricolore et le coup franc lyonnais fait mouche ; Paris est puni (68e, 1-0). Derrière, le PSG est privé de sa maître à jouer, de celle qui donnait le tempo aussi bien dans les phases défensives qu’offensives. En conférence de presse d’après-match, Olivier Echouafni n’a pas manqué d’aborder le sujet : « On avait un plan de jeu, de les bloquer, on n’a pas su profiter quand on récupérait le ballon assez haut. On ne peut pas forcément faire un pressing toujours élevé, les Lyonnaises sont capables de s’en sortir techniquement. On a essayé de mettre de l’intensité et de la combativité, les filles ont fait un match parfait à ce niveau là. Le reste, c’est la vision de l’arbitrage, il n’y a pas eu tant de fautes que ça, ça reste une demi de LDC, mais l’expulsion nous a fait beaucoup de mal. » 

Si l’absence du VAR alimentera certainement les débats autour de l’arbitrage, le constat est-là. Peut-être que le premier avertissement donné à Geyoro était injustifié mais les Parisiennes ont commis 27 fautes, contre 11 pour les Lyonnaises. Et l’excès d’engagement avec l’expulsion comme fâcheuse conséquence, a anéanti les rêves de finale du PSG.

Nicolas Jambou, en direct de Bilbao

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