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Ligue des Champions : le débrief de PSG-Bayern

Par 24/11/2023 17:02 No Comments
Duel entre Jovana Damnjanovic (Bayern) et Grace Geyoro (PSG)
© photo : Furopics
Débrief de la défaite du PSG contre le Bayern de Munich en Ligue des Champions. Retour sur les réactions d’après-match des coachs et de joueuses des deux équipes.

Ce jeudi 23 novembre, deux équipes françaises affrontaient leurs adversaires respectifs en Ligue des Champions. Le Paris FC a subi une défaite (4-1) contre Chelsea, alors que le PSG n’a pas su s’imposer face au Bayern Munich (0-1). Retour sur ce dernier match à travers les mots des entraîneurs et de joueuses.

La tactique du Bayern appliquée à la lettre

Pour ce déplacement à Paris, le Bayern Munich avait des consignes claires. La stratégie de l’entraîneur, Alexander Staurs, était fortement basée sur la neutralisation de l’attaque parisienne : « Notre objectif [était] de contrôler Chawinga, Katoto et Martens. […] Le PSG a de fantastiques qualités en attaque mais on savait qu’elles ont plus de facilité à courir vers les cages adverses que leurs propres buts pour défendre. Donc une fois la première ligne contrôlée, on savait qu’on aurait la supériorité numérique sur les lignes suivantes et dominer dans les couloirs. Cela donne confiance et c’est de la qualité. »

Une consigne comprise et réalisée avec précision par son effectif. La capitaine, Glódís Perla Viggósdóttir, félicitait justement ses coéquipières en zone mixte : « Le PSG est une bonne équipe avec de bonnes attaquantes , qui sont rapides et bonnes en duel. Mais il faut aussi dire que nos défenseures avaient la situation sous contrôle. Elles se sont très bien débrouillées dans tous les duels, tout comme les joueuses qui jouent plus haut, qui ont aussi bien défendu. On parle généralement des quatre arrières quand il s’agit de défendre, mais dans notre cas ça commence par les attaquantes. »

C’est aussi l’état d’esprit et la solidarité entre les joueuses qui semble avoir porté ses fruits. La milieu de terrain, Georgia Stanway, en a présenté un bel exemple : « On a senti que nos défenseures centrales fait un bon match ce soir, ce qui est très important pour s’assurer qu’on puisse développer notre jeu dans différentes zones. Mais vous avez vu qu’elles sont vraiment incroyables quand le ballon vient vers elles. Je pense que tout le mérite revient à nos défenseures ce soir. »

Sa capitaine a expliqué comment cette solidatité s’est traduite sur le terrain : « Quand on est sur le terrain chacune sait ce qu’elle a à faire et je crois qu’aujourd’hui on a toutes fait ce qu’on avait à faire. On a essayer de s’entraider autant que possible en se parlant et par notre langage corporel. Donc je pense qu’on a été fait une belle performance collective. » En somme, une discipline à l’allemande.

Glodis Viggosdottir (Bayern Munich)
© photo : Furopics
Grace Geyoro (PSG) et Georgia Stanway (Bayern Munich)
© photo : Furopics

Le PSG en difficultés 

Sur le terrain, déjà, Jocelyn Prêcheur admet que la rencontre a été compliquée pour son équipe : « Elles nous ont mises en difficulté sur les transitions. […] Elles n’ont pas lâché, on a poussé. En face, j’ai trouvé qu’elles avaient du mal à trouver des espaces, elles ont été dans le dur sur l’aspect physique aussi. Mais on n’a pas réussi à trouver la brêche et ce but même si à la fin on en était vraiment pas loin. Mais enfin on perd le match quand-même. »

Même s’il salue malgré tout le travail de ses joueuses en deuxième mi-temps : «Par contre, en deuxième mi-temps on a bien réagi, on a pris des risques, on a joué beaucoup plus haut avec une pression plus dans leur camp. Bien sûr, en s’exposant à quelques contres, mais quand tu perds tu n’as pas le choix, tu es chez toi, tu veux égaliser donc tu pousses. Ça te fait te découvrir un peu sur la ligne arrière. Mais là, l’état d’esprit était excellent. »

Un bilan mitigé pour la milieu de terrain, Jackie Groenen, visiblement sceptique à la fin du match : « Les espaces entre les lignes étaient trop importants à l’arrière. J’ai couvert le milieu de terrain et je pense qu’on avait des occasions mais on ne les a pas exécutées assez bien. Je dois m’y replonger car de mon point de vue on avait des occasions d’apporter le danger mais on n’a pas su le faire. […]  Il y a des moment où nous avoons très bien joué. Pour moi, physiquement, on a gagné nos duels. C’est mon ressenti à chaud en tout cas. Mais c’est le résultat qui est décevant. On a perdu deux matchs et maintenant ça va être dur de se qualifier. Ce n’est pas impossible mais c’est dur. On va travailler, c’est la seule option. »

Tabitha Chawinga (PSG)
© photo : Furopics

Les difficultés sur le terrain n’étaient pas que techniques, puisque l’effectif parisien devait aussi composer avec plusieurs absentes lors de ce match. Comme il l’a précisé l’entraineur parisien en conférence de presse, « sur le plan offensif on a quand-même une infirmerie pleine. Je n’avais le feu vert médical que pour 15min pour Ramona (Bachman) ce soir, Leike (Maretns) a enchaîé juste, après 3 semaines d’arrêt, 60 minutes contre Fleury. Et là, même si elle a été très performante pendant une heure, forcément, il lui faut quelques matchs pour retrouver le rythme. Ana (Vitori) est blessée et Sandy (Baltimore), on l’a perdue pour une durée indétermiéne. J’espère que ça va évoluer dans les prochains jours… »

Très attendu, le retour de Katoto sur les terrains semble aussi peu satisfaisant pour le moment : « Peut-être qu’il y a de l’appréhension, peut-être qu’on a été un peu trop rapides sur les étapes et elle a été mise en difficulté par rapport à l’intensité du match et le niveau. Selon moi, elle n’était pas tout à fait prête, en tout cas à posteriori. On continue à travailler pour l’amener à avoir la capacité de gérer l’intensité de ce genre de matchs ».

Des conditions de jeu questionnées

Au-delà du jeu, plusieurs difficultés ont eu du mal à passer inaperçues et ont marqué les esprits.

D’une part, les supporters parisiens ont attiré l’attention en début de match sur l’horaire de la rencontre, dont le coup d’envoi a été donné à 18h45. Avant l’entrée sur le terrain des joueuses, ils ont déroulé deux banderoles portant le slogan « Match de prestige, Horaire d’amateur »

Un horaire perçu par beaucoup comme un manque de respect envers le niveau et l’importance de la compétition, de la part des organisateurs. Il s’agit ici de l’un des facteurs de valorisation du football féminin. Or, la Ligue des Champions est effectivement une tournoi de prestige, dont la qualité de jeu ne cesse d’augmenter. Alexander Straus a d’ailleurs remarqué la qualité croissante de la compétition : « On se retrouve avec des équipes qu’on ne penserait pas aller aussi loin dans la compétition, à première vue. […] Le PFC a réussi à battre Arsenal et Wolvsburg et sont ici parce qu’elles ont fait un bon travail. Aujourd’hui, Hacken a battu le Real Madrid. Ça montre que la qualité du meilleur football européen augmente, les écarts se réduisent, de plus en plus d’équipes peuvent battre les grosses écuries. C’est ce qui rend le sport plus intéressant et c’est important. Le match d’aujourd’hui aurait pu être un quart de finale de Ligue des Champions. »

L’autre problématique remarquée ce jeudi, récurrente dans les débats sur les conditions de pratique du football féminin, est celle de la qualité du terrain. De nature à voir le verre à moitié plein, l’entraîneur du Bayern a également commenté le terrain synthétique du stade Jean Bouin lors de cette rencontre : « C’est bizarre de venir jouer un match de Ligue des Champions à Paris, contre le PSG, sur un terrain synthétique. Mais pour nous c’était un avantage dans notre style de jeu parce que le ballon bouge plus vite. Cela permet des passes plus rapides. »

Prêcheur s’est également exprimé sur la question : « On sait qu’on est dans une phase de transition, c’est compliqué avec les installations. Même si on peut penser qu’on est au Camp des garçons et que tout va bien, ce n’est pas le cas. On est en transit effectivement et on a des problèmes de terrains – d’entraînement et de match […] [On attend la] deuxième partie de saison où on sait qu’on aura fini cette transition et qu’on sera dans de meilleures conditions pour travailler. »

Patience, donc, en attendant que les mesures adéquates soient prises.

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