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“Même football, toujours pas les mêmes droits” : les joueuses professionnelles sortent du silence

Par 22/04/2026 15:41 No Comments
Les joueuses se mobilisent pour la reconnaissance de leurs droits – ©Mathias Saoudi
Les footballeuses professionnelles du championnat français se mobilisent pour dénoncer l’absence de convention collective. Entre tribune et campagne sur les réseaux sociaux, elles réclament enfin un cadre équitable. 

Une prise de parole collective portée par les capitaines 

Le mouvement a débuté par une prise de parole forte et coordonnée. Le 21 avril, les capitaines des équipes de Première et Seconde Ligue ont publié une tribune commune pour dénoncer leurs conditions et l’absence de cadre protecteur via une convention collective des joueuses professionnelles. Trois ans après le début des négociations, leur constat est sans appel : la situation n’est plus “acceptable”

Dans ce texte, elles rappellent une réalité centrale : 

« Nous pratiquons le même sport. Nous nous entraînons avec la même exigence. Nous faisons face aux mêmes contraintes physiques et aux mêmes risques. Et pourtant, nous ne bénéficions pas des mêmes protections »

Si elles reconnaissent les progrès réalisés ces dernières années, notamment depuis la création de la Ligue Féminine de Football Professionnelle (LFFP), elles estiment que l’essentiel manque toujours : “Une convention collective doit être signée avant le début de la prochaine saison.”

Trois ans de négociations sans accord

Certains dossiers progressent rapidement, tel que celui de la future Ligue 3, tandis que les joueuses attendent toujours depuis plus de trois ans. Le syndicat des joueuses, l’UNFP (Union Nationale des Footballeurs Professionnels), et Foot Unis, qui représente les clubs, se renvoient la responsabilité de cet échec. 

Pourtant, la création de la LFFP en juillet 2024 avait suscité de réels espoirs. À cette occasion, les clubs avaient notamment adopté une recommandation patronale intégrant des avancées en matière de protection, notamment sur la maternité, laissant entrevoir une signature rapide de la convention collective. Mais deux ans plus tard, le statut des joueuses professionnelles n’a pas évolué. 

Aujourd’hui, le point de blocage majeur concerne le droit à l’image. L’UNFP souhaite pouvoir commercialiser l’image des joueuses en y associant le logo des clubs, une possibilité refusée par Foot Unis. Ce désaccord empêche la finalisation de l’accord pourtant largement avancé sur d’autres aspects, comme les contrats, les blessures ou la fin de carrière.

Une mobilisation amplifiée sur les réseaux sociaux 

Après la prise de parole collective des capitaines, de nombreuses joueuses professionnelles ont relayé une série de messages sur leurs réseaux sociaux pour dénoncer leur situation. 

Un message revient : le refus d’être “une variable d’ajustement” lorsque les clubs rencontrent des difficultés financières. Elles réclament aussi des garanties concrètes, notamment sur les blessures : “se donner à 100 %” pour son club doit aller de pair avec un salaire “assuré à 100 %”. Derrière ces revendications, un même constat : “On s’entraîne autant. On donne autant. Et on attend encore. Ça suffit.”. Certaines insistent enfin sur l’avenir : il faut que les jeunes joueuses puissent évoluer sans “juste espérer que ça se passe bien”.

Cette mobilisation numérique massive et coordonnée donne une visibilité inédite au mouvement et traduit une volonté claire de peser dans les négociations en s’adressant directement au public.

Un football féminin fragilisé par le contexte économique

Cette mobilisation intervient dans un contexte économique délicat pour le football français. La crise des droits télévisés fragilise les clubs masculins et a des répercussions directes sur les sections féminines. Le cas de Dijon illustre cette situation. Malgré de bons résultats sportifs, la section féminine pourrait perdre son statut professionnel faute de repreneur. Avant cela, des clubs comme Soyaux ou Bordeaux ont déjà disparu du paysage professionnel. 

Un enjeu central pour l’avenir du football féminin français 

La signature de la convention collective apparaît comme un enjeu structurant pour l’ensemble du football féminin français. Elle doit permettre de sécuriser les carrières, garantir les droits fondamentaux et reconnaître les joueuses professionnelles à part entière. 

Inquiète du retard pris, la capitaine de l’équipe de France, Griedge Mbock, a récemment souligné que cette situation était “handicapante pour le football féminin français”. 

La LFFP n’ayant toujours pas réagi publiquement à cette mobilisation, la mise en place d’un tel dispositif pour septembre prochain semble fortement remise en question.

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