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[Portrait] Yoanna Dallier, pour la beauté du geste

Par 06/04/2021 10:33 mai 13th, 2021 No Comments
 ©Yoanna freestyle
Double championne de France de football freestyle à seulement 21 ans, Yoanna Dallier incarne la passion de sa discipline et vise désormais un titre de championne du monde. Portrait de cette jeune championne passionnée à l’ascension fulgurante. Entretien.

A 21 ans, Yoanna Dallier possède déjà un palmarès impressionnant avec un double titre de championne de France de football freestyle – 2019 et 2020. Loin d’être le fruit du hasard, les performances de la freestyleuse viennent récompenser un investissement quotidien et infaillible dans cette discipline depuis maintenant six ans. Véritable passionnée, la joueuse se montre sur les réseaux et s’appuie sur sa communauté grandissante pour visibiliser et développer son sport. 

Une histoire de passion, de travail et de détermination 

Pour Yoanna Dallier, le freestyle sonne comme une évidence. Elle y succombe à 15 ans alors qu’elle essaie de reprendre le football qu’elle a délaissé quatre années plus tôt. Pendant des tests de recrutement, la joueuse échoue à faire les 50 jongles requises des deux pieds et de la tête. “J’avais été très nulle, j’y étais pas du tout arrivée”. Loin de se résoudre à cette contre-performance, Yoanna “vexée de cet échec”, était donc rentrée chez elle et a commencé à s’entraîner sans relâche. Pour perfectionner ses jongles, la jeune femme se met alors à “regarder des vidéos sur YouTube” et est “tombée sur des vidéos de foot freestyle.” Un coup de foudre total pour la discipline pour Yoanna. “J’ai su de suite que le freestyle c’était pour moi”. Séduite par “le dépassement de soi” et “l’esthétique du sport”, la freestyleuse a “totalement arrêté le foot” et a commencé à consacrer ses journées à apprendre et répéter ses jongles.

« C’est avant tout une histoire de passion. Mes trois premières années de freestyle, je m’entrainais 5 à 7 heures par jour puisque j’adorais ça !»

Car oui, pour la double championne de France, “il n’y a pas de secret” à sa progression fulgurante “si ce n’est l’entraînement”. Durant ses trois premières années de freestyle, elle pouvait “s’entraîner de cinq à sept heures par jour puisqu’[elle] adorait ça”. “Je n’avais pas d’autres projets à ce moment-là et il n’y avait que ça dans ma vie. Du moment où je me levais jusqu’à ce que je me couche, je n’avais que le freestyle en tête. En étant focus comme ça, j’ai pu progresser vite.” Six ans et deux titres de championne de France plus tard, la jeune femme est toujours animée par la même passion et s’entraine toujours avec autant de plaisir. 

Les mondiaux en ligne de mire 

Après trois ans à concourir en mixte “car il n’y avait pas assez de filles pour faire une catégorie”, Yoanna Dallier est finalement couronnée une première fois championne de France en 2019, dès l’année de la création de la catégorie féminine. Une consécration pour la jeune footballeuse freestyle qui a eu “le sentiment que tout le travail [qu’elle avait] fourni jusqu’à présent était enfin récompensé et [qu’elle] n’avait pas fait tout çela pour rien.”  Plus “sereine” et expérimentée en 2020, elle remporte une nouvelle fois le championnat de France et double son palmarès. 

Après ce double titre, la jeune femme vise désormais un titre international. Lorsqu’on la questionne sur ce qu’on peut lui souhaiter pour la suite, sa réponse est sans appel : “Être championne du monde, c’est l’objectif que j’ai en tête depuis 2019”. En effet, Yoanna garde un souvenir quelque peu amer des mondiaux de 2019 à Miami : “ En 2019 j’aurais pu gagné, j’aurais dû gagner même si j’avais pas mal géré la pression.”  En poule avec les deux championnes du monde les plus titrées – sa compatriote Mélody Donchet et la polonaise Aguska Mnich – la freestyleuse n’a pas su faire la différence. “Je pense que c’était vraiment un manque d’expérience et de lucidité” analyse-t-elle. “Contre Mélody j’étais un peu en mode “bon okay c’est bon il y a un mois j’ai réussi à la battre” [ndlr, en finale du championnat de France quelques mois plus tôt en 2019] et je pense qu’il y a eu peut-être une surdose de confiance dans ce battle là donc j’ai perdu. Face à Mnich, les deux premiers sets j’étais devant et après le troisième j’ai totalement paniqué et je me suis plantée.” Une contre performance que la freestyleuse compte bien rectifier lors du prochains championnat mondial : “Ca s’est joué à très peu mais là je serais plus préparée” 

Les réseaux sociaux, son autre terrain de jeu 

Sa passion, Yoanna la partage également sur les réseaux sociaux. Si a l’origine elle utilisait les plateformes sociales “sans but précis” et “simplement pour avoir des souvenirs de [ses] premiers clips”, elle cumule aujourd’hui plus de 3 millions d’abonnées. “Je faisais ça parce que j’avais envie de partager le plus possible ma passion mais aussi je publiais tout pour moi, pour pouvoir revoir ça quand j’en avais envie et en fait ça a beaucoup plu. Des gens ont commencé à me suivre et puis ça s’est fait petit à petit.” explique-t-elle. 

A présent, en période de crise sanitaire, la freestyleuse a beaucoup développé cette activité. “Puisqu’il n’y a plus d’événements ou de compétition, avec  le covid le côté “influence” et la création de contenu sont clairement devenu mes sources de revenus principaux” confesse-t-elle. Avec ce suivi grandissant, la pression de proposer du contenu de qualité a également augmenté. “Avant, c’était vraiment, “je mets le contenu pour moi, si ça plait tant mieux mais sinon tant pis” mais maintenant, depuis que ma communauté s’est agrandie, j’ai vraiment envie de poster le meilleur contenu possible et satisfaire le plus de personnes possible.” Malgré tout, Yoanna Dallier se plaît à visibiliser sa discipline au travers des réseaux sociaux afin d’attirer toujours un peu plus d’intérêt et d’attention sur le football freestyle. 

La visibilité, clef du développement du foot freestyle

Pour la double championne de France, la visibilité est justement ce qui manque au football freestyle pour se développer. Selon elle, “il y a beaucoup de compétitions qui pourraient être retransmises à la télévision parce que c’est un sport très esthétique, il plaît à énormément de gens. Il y a toujours des retours positifs donc pour moi donner de la visibilité à ce sport ce serait vraiment bénéfique pour tout le monde. Ca apporterait vraiment tout ce qui manque, c’est à dire du budget lors des compétitions et des événements, des sponsors, des gens qui s’y intéressent etc.” 

Pour les mêmes raisons Yoanna espère une reconnaissance de sa discipline par une fédération. “Pas forcément par la FFF, peu importe la fédération mais ça serait bien parce qu’ on pourrait peut-être espérer être aux JO ce qui serait énorme pour la visibilité de la discipline”

« Donner de la visibilité à ce sport serait vraiment bénéfique pour tout le monde. Ca apporterait vraiment tout ce qui manque, c’est à dire du budget lors des compétitions et des événements, des sponsors, des gens qui s’y intéressent etc.”  »

Retrouvez toute son actualité : yoannafreestyle.com

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