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Sébastien Joseph « On n’a pas senti la volonté de la nouvelle direction de continuer à oeuvrer pour faire perdurer le niveau de l’équipe »

Par 05/11/2020 11:41 février 22nd, 2021 No Comments
Sébastien Joseph Soyaux
En annonçant sa démission à un an du terme de son contrat, le désormais ex-entraîneur de l’ASJ Soyaux a surpris tout le monde. Pour l’Équipière, il a accepté de revenir sur son expérience de trois ans au sein du club charentais. 

“Gros coup dur”, “une cata”, “une démission qui arrive au mauvais moment”. Voilà les réactions de certains supporters de l’ASJ Soyaux face au départ impromptu de Sébastien Joseph. Pour se rapprocher de sa famille mais aussi à cause de ses divergences avec la nouvelle direction du club, l’entraîneur a fait le choix de quitter son poste, un an avant la fin de son contrat. Une grande perte pour le club qu’il laisse dans une position de relégable, et pour les supporters déçus de voir partir l’homme qui a tant fait pour les Bleues et Blanches. “On perd une grande pointure” estime Jean Charles qui suit de près l’équipe depuis plusieurs années. Désormais cadre technique à la Ligue de Méditerranée, il laisse derrière lui trois ans au sein de l’ASJ, au cours desquels il a eu un réel impact. 

Sébastien Joseph ou l’homme de la professionnalisation 

En quittant Rodez pour Soyaux en 2017, il savait pour quoi il signait : “On m’avait donné comme mission principale la professionnalisation de l’équipe première et d’aider le club à passer le cap vers le professionnalisme pour maintenir le club en D1”. Un pari réussi pour les fans. “La professionnalisation du club, c’est grâce à lui” affirme Benjamin, autre supporter de longue date. De son côté, le coach se félicite également de cette réussite : “On a bien réussi à faire tout ça en développant toute la structuration de l’équipe première autour des contrats, autour du staff, des moyens logistiques, du staff médical”. L’entraîneur tient également à préciser que le succès du projet sojaldicien repose sur l’ambiance de travail qui a pu être créée. Malgré les “moments difficiles ou de tensions; dans le staff, on a toujours été extrêmement solidaires et unis, que ce soit dans le discours, la façon de penser ou de voir les choses.” détaille-t-il. Pour lui, cette unité du staff, “les filles l’ont ressenti. Cela a permis de passer ces moments plus compliqués. Elles ont vu qu’il n’y avait pas de brèches ou d’endroits dans lesquels il était possible de s’engouffrer, et qui auraient pu créer des tensions.”

Des souvenirs indélébiles 

Sébastien Joseph quitte Soyaux la tête pleine de bons moments passés à la tête de ce groupe. Quand on lui demande d’en choisir un, il se remémore son premier match avec les Bleues et Blanches, contre le PSG « un premier test réel après une grosse préparation », explique-t-il. « On avait fait un but partout là-bas, au camp des loges, et c’est un match qui nous avait beaucoup marqué. » Une victoire qui a permis « de donner un élan extrêmement positif au reste de la saison » alors même que le club traversait « un moment plutôt difficile, où il y avait eu beaucoup de tensions entre les joueuses et le staff l’année précédente. On avait beaucoup de choses à prouver. » Un souvenir tout aussi marquant pour les supporters sojaldiciens. Fan de la première heure interrogé sur son meilleur souvenir de Soyaux sous la houlette de Sebastien Joseph, Erwan n’hésite pas une seconde et cite ce même match, un nul arraché dans les dernières secondes du temps additionnel qui restera donc dans les annales. 

ASJ Soyaux, un groupe porté sur l’humain avant tout 

L’entraîneur laisse derrière lui une équipe de Soyaux où l’aspect humain prône. Pour lui, il s’agit là peut-être de l’ADN de ce club, où le relationnel prime. D’ailleurs, bien qu’il ne connaisse pas personnellement son successeur, Laurent Mortel, il insiste sur les qualités d’interaction et humaines nécessaires pour occuper ce poste. « Les filles dans un groupe comme Soyaux, ce dont elles ont besoin avant tout, c’est d’un coach humain», explique t-il. « Bien sûr qu’elles recherchent de la compétence ! Mais elles recherchent aussi beaucoup d’échange, d’ouverture et d’humanité. Elles ont besoin de ça pour être performantes », poursuit-il. Idem pour les nombreuses étrangères recrutées cette saison. Sébastien Joseph indique qu’avec son staff, il se sont « employés, avant même la qualité sportive, à être extrêmement vigilants à l’attitude de travail et à la personnalité des joueuses. Là-dessus, ça a fait beaucoup de bien à l’équipe puisqu’on a eu de bonnes filles qui ont amené une rigueur de travail et une bonne humeur au quotidien. » Les supporters comme Benjamin qui ont eu l’occasion de le rencontrer soulignent également son «humanisme » et sa « générosité »

Joseph Siga soyaux

Inquiétudes pour la suite

Évidemment, peu ravi de quitter le club en pleine saison et de laisser le club dans une position délicate au classement, Sébastien Joseph espère tout de même « que les filles passent une belle saison et qu’elles se maintiennent en fin d’année. Elles le méritent vraiment. » Il ne tarit pas d’éloges sur son effectif – « des filles qui pendant trois ans ont été géniales, super adaptables, super intelligentes et toujours motivées. C’était le plus grand bonheur ». Pourtant, il regrette aujourd’hui « le manque de volonté de la part de la nouvelle direction de continuer à œuvrer pour faire perdurer le niveau de l’équipe. » Principale raison de son départ. Si le club a la volonté se « maintenir dans cette élite » il est « nécessaire de développer les infrastructures d’entraînement qui sont aujourd’hui inadaptées à ce qu’on attend d’un club de D1 », mais aussi « renforcer l’effectif qui manque aujourd’hui de profondeur et qui n’est pas suffisant pour permettre à une équipe de durer. Car il ne permet pas de faire du “turnover” ou de gérer efficacement leur temps de jeu pour éviter les blessures ».

C’est donc fier de ce qu’il a accompli à Soyaux et de ses joueuses -telle Romane Munich, appelée en Bleues- que Sébastien Joseph quitte le club, avec « un bilan très positif ».