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RCD Espanyol et FC Barcelone : une ligue, une ville, deux destins

Par 23/03/2021 10:00 mars 24th, 2021 No Comments
© FC Barcelona
Quelques semaines après son voisin barcelonais, la section féminine de l’Espanyol a soufflé ses 50 bougies ce dimanche. À l’occasion de cet anniversaire, l’Équipière revient sur l’évolution croisée des deux clubs catalans.

Une ville au rythme du football

Barcelone est l’un des épicentres du football européen. Animée par la passion du ballon rond, la ville héberge deux équipes cinquantenaires habituées au plus haut niveau espagnol, le FC Barcelone et le RCD Espanyol.

En mars 1971, s’est tenu le premier tournoi quadrangulaire de football féminin, le Gran Trofeo Pernod, réunissant plusieurs équipes de Barcelone et ses alentours. Pour une dizaine de femmes, ce tournoi a été l’occasion de chausser les crampons et de porter les couleurs du RCD Espanyol pour la première fois. C’est le 21 mars, à l’ouest de Barcelone, dans le stade de Sarriá, que les joueuses du club du nord-est de la ville ont affronté Sabadell pour leur baptême. Qualifiées pour la finale, elles avaient rendez-vous au Camp Nou sept jours plus tard pour la finale contre la Selecció Ciutat de Barcelona, ancêtre de la section féminine du grand rival, le FC Barcelone.

L’équipe féminine du FC Barcelone a aussi fêté ses 50 ans il y a quelques semaines. Pour le club du sud-ouest de la capitale catalane, tout a commencé avec la volonté d’une joueuse amateure âgée de 18 ans, Immaculada Cabecerán, de donner plus d’importance à la pratique des femmes. Elle rencontre alors le président du FC Barcelone de l’époque, Agustí Montal, pour lui demander de donner sa chance à une équipe féminine. Ce dernier lui promet le soutien du club à condition qu’elle rassemble assez de joueuses. Le 25 décembre 1971, alors qu’elle n’est pas encore officiellement reconnue par le FC Barcelone, la Selecció Ciutat de Barcelona joue ses premières minutes au Camp Nou. Il faudra attendre 2002 pour que l’équipe soit officiellement nommée FC Barcelone.

Les années 2000 à l’avantage de l’Espanyol

Le RCD Espanyol a connu la période la plus fastueuse de son histoire entre 2004 et 2012, terminant systématiquement au moins à la 4e place. L’avènement de cet âge d’or a été le titre obtenu lors de la saison 2005-2006. Avec le même nombre de points que son dauphin, le FC Séville, mais plus de victoires, l’Espanyol a été couronné champion d’Espagne et a ainsi obtenu son ticket pour disputer sa première et, à ce jour, unique campagne européenne.

Au niveau local, c’est aussi l’Espanyol qui a régné jusqu’en 2008. Créée en 2005, la Coupe de Catalogne a pour habitude de voir les deux clubs barcelonais se disputer le titre en finale. Et celui-ci a été monopolisé par l’Espanyol lors des quatre premières éditions du trophée. À chaque fois face au FC Barcelone, c’est le club du nord-est de la ville qui s’est emparé de la Coupe régionale. Cependant, comme l’atteste la large victoire Blaugrana lors du dernier affrontement entre les deux équipes (5-0) en championnat, cette tendance s’est aujourd’hui largement inversée au profit du Barça.

L’Espanyol face au FC Barcelone en Coupe de Catalogne

La méthode Barça

Le FC Barcelone est voué à un avenir radieux. Les raisons de sa progression vers le sommet sont nombreuses mais l’une des principales est la professionnalisation de la section féminine. Alors que celle-ci n’est survenue que la saison dernière à l’Espanyol, les joueuses du Barça sont elles professionnelles depuis 2015 et peuvent se concentrer pleinement sur leur carrière sportive.

joie Barça
Caroline Graham Hansen et Lieke Martens sous les couleurs blaugranas © FC Barcelona

De plus, si le FC Barcelone compte un socle conséquent de joueuses espagnoles, ce dernier n’a pas hésité à aller chercher des perles rares à l’étranger. En 2017, le club a d’abord enregistré la signature de Lieke Martens, internationale néerlandaise. L’année suivante, la championne d’Europe Kheira Hamraoui a quitté l’Olympique Lyonnais pour rejoindre les rangs barcelonais. Deux ans plus tard, le Barça s’est à nouveau renforcé avec Caroline Graham Hansen, arrivée en provenance de Wolfsburg, équipe habituée aux rencontres européennes et à la tête du championnat allemand. Aujourd’hui, les joueuses étrangères sont des éléments clés de l’effectif blaugrana.

En plus de ces ajouts, le Barça a su conserver de nombreuses cadres comme Alexia Putellas, Patricia Guijarro ou Sandra Paños, respectivement arrivées en 2012 et en 2015. Son centre de formation a aussi aidé au développement de plusieurs joueuses telles que Melanie Serrano ou Aitana Bonmatí, toujours dans l’effectif aujourd’hui.

Les Españolistas rattrapées puis dépassées

Les deux clubs catalans sont désormais bien loin d’être sur la même longueur d’onde et semblent destinés à des avenirs opposés. La saison 2011-2012 marque un tournant à Barcelone. Pour l’Espanyol, cet exercice a été le dernier où le club est apparu dans le Top 4 de première division. À l’opposé de la ville, le FC Barcelone a conclu cette même saison avec un premier titre de champion d’Espagne. Si petit à petit, le RCD Espanyol s’est éclipsé des sommets de la première division en se classant entre la 5e et la 13e place entre 2012 et 2017, le FC Barcelone a lui fait le chemin inverse.

Depuis la saison 2017-2018, le RCD Espanyol voit même rouge. Le club connaît actuellement une phase critique en ayant échappé in-extremis à la relégation à deux reprises. Si les Españolistas se sont classées à une place de la zone rouge en 2018, elles ont terminé dernières de Liga Iberdrola (ndlr, Primera Iberdrola aujourd’hui) la saison passée. Avec l’arrêt prématuré du championnat dû à la COVID-19, il a toutefois été décidé qu’aucun club ne serait relégué, ce qui a permis au club d’échapper à la descente en deuxième division. Cette saison encore, l’Espanyol est plus proche de la relégation que de ses heures de gloire. Après 23 journées, les Blanquiazules ne comptabilisent que 6 victoires et siègent à la 14e place, à 2 points de la zone rouge.

Avenir brillant au sud-ouest

Si la saison dernière, le FC Barcelone a remporté son 5e titre de champion grâce à 19 victoires et 2 nuls avant l’arrêt prématuré du championnat, cette année, il agit comme un rouleau-compresseur et semble tout simplement injouable en Espagne. Avec 20 victoires en 20 matchs, 99 buts inscrits et seulement 3 encaissés, les Blaugranas sont premières de Primera Iberdrola, loin devant leur dauphin, Levante, qui affiche 9 points de moins au compteur et 3 matchs en plus. Avec presque 5 réalisations par match en moyenne, les joueuses de Lluís Cortés ont marqué plus de buts que Levante (48) et le Real Madrid (3e, 48) réunis.

FC Barcelone
Le FC Barcelone célébrant un but lors de la demi-finale de Ligue des Champions face au Bayern Munich © El Loko Foto

Mais la performance de l’exercice en cours n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une tendance qui dure depuis une dizaine d’années. Après avoir terminé à une place du podium en 2011, le Barça a connu une très grande régularité en haut du classement. En 10 saisons, le club a terminé dauphin 4 fois et a été sacré champion d’Espagne entre 2012 et 2015 et en 2020.

Grâce à ces performances, le FC Barcelone a pu disputer à plusieurs reprises la Ligue des Champions et là encore, il n’a pas déçu. Après avoir été éliminé en 16e de finale lors de sa première participation, le Barça est allé 7 fois au moins jusqu’aux quarts de finale. En 2019, les Blaugranas sont même devenues les premières Espagnoles à disputer la finale de la compétition européenne.

Alors que l’Espanyol semble voué à la deuxième division depuis plusieurs années, le Barça est lui destiné à atteindre le sommet de l’Europe et à rapporter en Catalogne la première Ligue des Champions de l’histoire du football espagnol.

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