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« Unis par la même passion » – quand clubs féminins et masculins s’associent

Par 02/04/2020 07:00 mai 6th, 2020 No Comments

– Décryptage des enjeux de la fusion et l’absorption –

Le FF USV Jena (Bundesliga féminine) et le FC Carl Zeiss (3ème division masculine) décident de s’unir sous la bannière d’un seul et même club. Un phénomène courant qui s’avère souvent être une aubaine dans le football féminin.

Un fait de plus en plus rare en Allemagne

Après plusieurs mois de discussions, les deux équipes de Iéna, en Thuringe, ont annoncé avoir entamé des démarches auprès de la fédération allemande de football (DFB) pour opérer une fusion. Les clubs attendent maintenant la décision de la fédération, à venir le 19 avril prochain, et espèrent que cette union prendra effet dès la saison prochaine. Günther Reißmann, membre du Conseil d’administration du FF USV Jena est ravi de l’avenir commun de son club et du FC Carl Zeiss : “L’idée de représenter la ville de Iéna sous un logo commun ne date pas seulement de cette année. Nous nous réjouissons d’avoir eu de bonnes et intenses discussions qui ont produit des aspects positifs pour les deux parties”.

Si certains clubs comme Wolfsburg ont donné le ton en la matière, rares sont les clubs de Frauen Bundesliga 1 (ndlr : Ligue féminine) affiliés à un club masculin de premier rang. À l’inverse, le phénomène suit son cours partout ailleurs en Europe.

 

Bâtir sur des fondations solides

De nombreux clubs ont, au cours des cinq dernières années, procédé à l’absorption de sections féminines ou de clubs exclusivement féminins. La Juventus avec le Cuneo Calcio en 2017, puis le Real Madrid en 2020 avec CD Tacon, les exemples les plus médiatisés, sont bien loin d’avoir initié une pratique qui est légion depuis près de vingt ans.

L’objectif des clubs est simple : construire un projet sur une structure déjà formée, géographiquement proche, avec de solides fondations et atteindre un nouveau palier grâce à des investissements judicieux. Ainsi, des clubs de seconde division, parfois même de l’élite sont acquis par des clubs de renom du football masculin.

De leur côté, les formations absorbées ont l’opportunité d’augmenter considérablement leurs financements et d’améliorer leurs conditions d’entraînement. C’est ainsi qu’en 2004, l’Olympique Lyonnais intégrait sous sa bannière l’équipe féminine du FC Lyon, troisième de D1 et vainqueur du Challenge de France (ndlr : ancien nom de la Coupe de France).

 

Meilleure structure, meilleur équilibre

Si les clubs sont avantagés par ce procédé, les joueuses aussi y trouvent leur compte. Cela leur permet parfois de passer au statut de professionnel et d’en d’autres cas de travailler au sein du club, à l’instar d’Aurore Paprzycki (Lille OSC) et Delphine Chatelin (FC Girondins de Bordeaux). Leur entreprise étant également leur formation, elles disposent d’emplois du temps aménagés pour mener de front leur carrière sportive et préparer leur après football.

 

Rayonner au-delà des frontières

Le rachat de club peut dans certains cas permettre d’accroître sa visibilité en dehors du territoire national. La fusion récente entre l’OL et le Seattle Reign FC (depuis rebaptisé OL Reign) s’inscrit dans cet objectif. Cerise sur le gâteau, cette franchise permettra aux joueuses désirant découvrir un nouveau championnat de réaliser une pige à l’étranger sans pour autant quitter le club.

 

Les clubs qui réussissent ex nihilo

Si certains font le choix stratégique d’absorber une section féminine déjà bien en place, d’autres se lancent dans le périple d’une construction ex-nihilo. Ce fut le cas de l’Olympique de Marseille qui, après avoir songé un temps à une fusion avec le Celtic Marseille, a relancé sa section féminine en débutant en district (ndlr : équivalent de la 5ème division). Après 3 montées successives, les Olympiennes retrouvent la seconde division en 2014 avant de rejoindre l’élite deux années plus tard. Le projet phocéen s’est inscrit dans une véritable continuité en conservant le même entraîneur de 2011 à aujourd’hui.

Fusions notables en France :

  • 2001 : Toulouse FC – Toulouse Olympique Aérospatiale Club
  • 2001 : Montpellier HSC – Montpellier Le Crès
  • 2004 : Olympique Lyonnais – FC Lyon
  • 2009 : AS Saint-Etienne – RC Saint-Etienne
  • 2012 : Nîmes Olympique – FF Nîmes Métropole
  • 2015 : Lille OSC – Templemars-Vendeville
  • 2015 : FC Girondins de Bordeaux – Entente Sportive Blanqueforaise
  • 2017 : Paris FC- FCF Juvisy